J32 - Sarrance - Borce
- Aline Lourtie
- 1 oct. 2023
- 4 min de lecture
Longueur de l'étape: 24,02 km
Total parcouru: 737,04 km
Je me réveille vers 5h30. Je traine un peu dans mon lit et me lève un peu avant 6h. Je fais quelques exercices assouplissement des pieds, je prépare mon sac et mange un reste de riz de la veille. Sylvie me rejoint un peu après. Elle sourit de me voir manger salé au petit-déjeuner. Ma ration de riz ne suffit pas à ma rassassier. J'ajoute donc la note sucrée avec des tartines de confiture. Quand les autres se lèvent, je suis déjà presque prête à partir. Je prends le temps de dire au revoir à Sylvie. Je vais remplir mes gourdes à la fontaine de la place. Il parait qu'elle a des propriétés guérisseuses. En passant devant l'église, j'entends les moines chanter. J'hésite à les rejoindre mais l'office ayant déjà commencé, j'ai peur de les déranger. Je continue ma route.

Je me retrouve rapidement sur des petits sentiers de forêt comme ceux d'hier mais ils sont plus praticables. Tant mieux, car il fait encore noir. Plus je m'éloigne de Sarrance, plus j'ai la gorge serrée et les larmes aux yeux. Je suis triste de quitter cet endroit. C'est la première fois que je ressens cela. Je suis remplie de gratitude pour les instants que j'ai passé là-bas et les personnes que j'y ai rencontré.
Malheureusement, je ne suis pas du bon côté de la montagne pour voir le lever de soleil. Mais j'ai d'autre magnifiques paysages qui s'offrent à moi : des montagnes majestueuses. Je suis fasinée.
Je marche d'un bon pas. Il y a quelques tronçons sur des axes routiers mais pas trop. Fin de matinée, il commence déjà à faire chaud. Je sens que cela me fatigue. Comme hier, je choisis de ne pas faire de pause de midi et d'aller directement au gîte. J'arrive vers 14h. Je donne un coup de fil la propriétaire pour la prévenir de mon arrivée puis je m'installe et prend le temps de donner quelques nouvelles. Il y a un déjà une autre personne installée mais je ne l'ai pas croisée. Régio et Daniela me rejoignent au gîte. Je vais ensuite faire quelques courses au village. J'espère trouver une petite épicerie, une boulangerie ou un petite brasserie. Mais le seul commerce est fermé pour congé annuel. Pas de chance. Je me débrouillerai avec ce qu'il me reste dans mon sac. L'avantage: je serai plus légère pour ma grosse étape de demain et la moter du Somport.

J'essaye aussi de trouver un logement pour demain. L'auberge du Somport est fermée depuis le 1er cotobre. De nouveau, pas de chance. Je regarde pour aller jusqu'à Canfranc Estacion. Cela allonge mon étape de 7 km et cela diminue aussi celle du lendemain. En plus, c'est une ville avec des magasins. Je pourrai donc faire des courses. J'essaye d'appeler deux gîtes. Pour le 1er, il semble y avoir un problème avec le numéro et pour le second, je tombe sur un répondeur. Je laisse un message en espagnol en espérant que cela sera compréhensible. Je vais aussi demander à la propriétaire du gîte si elle a des pistes à mes conseiller. Elle a dit qu'elle passerait en soirée. J'espère que je vais pouvoir prendre quelques aliments dans le frigo et les armoires, cela me dépannerait pour ce soir. Je meurs de faim. J'ai hâte de manger.

Je me sens un peu cafardeuse ce soir et je guette des nouvelles de Belgique. Je sens aussi un stress par rapport au logement et aux réserves de nourritures qui diminuent. En plus, il y a des travaux sur la route et, apparemment, il n'est pas possible de passer à pied. Il faut oligatoirement prendre le bus. Cela signifie que je suis dépendante des horaires de bus. Or, je voulais partir tôt pour faire l'étape à mon rythme. Je vais aussi voir avec la proprio ce qu'il en est et s'il n'y a pas une autre solution possible. Je décide d'aller me faire à manger. Le repas sera frugale : des lentilles. La propriétaire arrive un peu après le repas. Elle a l'air pressée et n'a pas vraiment le temps de répondre à toutes mes questions. Il a bien des logements à Canfranc Estacion, la ville juste après le Somport. Pour les travaux, une déviation a été mise en place pour les pélerins. Elle passe par un ancien tunnel de la SNCF.
Le monsieur qui était déjà installé quand je suis arrivée au gîte nous rejoint. C'est un randonneur et il fait plusieurs sommets. Il est là depuis plusieurs jours. Je discute un peu avec lui. C'est compliqué d'interagir avec Regio et Daniela à cause de la barrière de la langue. Je me sentais un peu seule prendant le repas. Une toute autre ambiance que celle de Sarrance. Je ne me souviens pas du nom du randonneur. Il est assez agité, il court dans tous les sens et chaque fois qu'il ouvre la bouche, c'est pour se plaindre d'un truc dans le gîte. Cela m'énerve et me fatigue. Dès que j'ai fini de boire mon thé, je monte me coucher.
Je m'endors rapidement mais la nuit est agitée. Je fais pas mal de rêves.
Aline Lourtie
02 octobre 2023









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