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J34 - Canfranc - Jaca

Longueur de l'étape: 19,45 km

Total parcouru: 790,49 km


Finalement, pas vraiment de grasse matinée. Je me réveille à 5h30. Je reste dans mon lit jusque 6 heures. Je me préparer tranquillement. J'ai le temps. C'est une petite étape. Je me mets en route vers 7h45. Il fait déjà clair. Cela change des autres jours. C'est rare quand je pars sans avoir besoin de ma lampe de poche. Quand je suis partie, je n'ai pas entendu de bruit dans le dortoir de Flora, je me suis dit qu'ils dormaient encore. J'envoie un message à Flora pour lui dire que je me mets en route, que j'espère qu'ils ont passé une bonne nuit reposante et leur souhaite une bonne journée. En y repensant, je me demande s'ils ont dormi là. Je n'ai pas vu Kitty dehors ni leurs chaussures à l'entrée. Peut-être sont-ils repartis après avoir pris leur douche. Je ne sais pas. Je n'ai pas reçu de réponse à mon message. Mon message n'en demandait pas.


Paysage de montagne entre Canfranc et Jaca en Espagne

Cela me fait du bien de reprendre la route en solo. Je peux aller à mon rythme, faire des pauses quand j'en ai besoin. Je me sens fatiguée et le moral est un peu bas. Ma cheville droite est douloureuse. J'ai un peu de mal à trouver mon rythme. La journée ne va pas être simple. J'ai hâte d'arriver à Jaca. Heureusement, c'est une petite étape.



Les montagnes s'éloignent déjà. Il est temps de dire au revoir aux Pyrénées. Le chemin devient plus plat ce qui fait du bien à mes chevilles. Par contre, il longe souvent la route. Les paysages ne sont pas dingues et il y a pas mal de bruit avec la circulation.


Paysage de montagne entre Canfranc et Jaca en Espagne

J'arrive à Jaca vers 13h mais l'auberge n'ouvre qu'à 15h. Je trouve un parc au calme pour me poser. Je mange tranquillement à l'ombre et j'en profite pour appeler mes parents. Cela me fait du bien de parler. J'en ai un peu gros sur la patate aujoud'hui. J'ai des montées d'émotion et des larmes qui me montent aux yeux quand je parle de mon envie de partager mon arrivée à Santiago avec d'autres personnes. Je suis plus négative que les autres jours. J'ai peur du changement et de cette nouvelle adaptation à l'Espagne. La solitude est parfois difficile à supporter. Mes ami/es me manquent et surtout les contacts physiques. Je suis très émue en disant cela.


Paysage de montagne à Jaca en Espagne

Après ce long coup de téléphone, je peux aller m'installer à l'auberge. Je toune un peu en rond avant de la trouver. Elle était pourtant bien indiquée. La personne qui me reçoit n'est pas très sympa. Elle parle vite mais je comprends l'essentiel. J'ai l'impression que je la dérange. Petite routine habituelle : douche, lessive, courses. Je dois faire quelques réserves car il n'y a pas de magasin durant les 2-3 prochaines étapes. Mon sac va être lourd.


Je m'installe ensuite à la terrase d'une pâtisserie pour y déguster un mille-feuille avec un thé. Cela me goûte bien. Je rentre à l'auberge et m'installe pour écrire. Pour le moment, nous sommes 3 : Régio, Daniela et moi. Cela me convient et j'espère que cela va reste comme cela. De là où je suis, j'entends l'hopsitalière discuter avec une femme. Par les quelques mots que je perçois, je crois comprendre qu'il s'agit de Flora. La disussion est animée. Cela parle beaucoup. J'ai cette pensée pas très sympa où j'espère qu'elle va être refusée. J'ai envie d'être tranquille ce soir et je sens aussi que sa manière de fonctionner me dérange. Le fait de ne pas respecter les règles, de ne pas avoir sa crédentiale, ses papiers, ... Elle a parfois un côté « je m'en foutiste » qui me dérange. Cela gratte chez moi. Je constate que si cela me pose problème c'est parce que, moi, je ne m'autorise pas cette liberté et ce « je m'en foutisme ». Je me conforme aux règles même si parfois, je ne suis pas en accord ou que j'aimerais être plus libre. Je me sens aussi coupable d'avoir ce genre de pensée et d'être méchante à son égard. J'ai la sensation d'être une petite princesse dans sa tour confortable qui rejette les autres. Je ne le vis pas bien du tout. Finalement, je n'entends plus rien. J'en déduis qu'elle a dû partir. J'espère quand même que l'hospitalière lui a donné une autre adresse.


Pendant que je me prépare à manger, deux autres pélerins arrivent à l'auberge pour domir. Petit pincement : mince nous seront plus que 3 finalement. Ils sont installés juste à côté de moi. Tant pis. C'est comme cela. Il faut pouvoir accepter de vivre avec les autres. Le Chemin ne m'appartient pas. Et puis, cela va arriver de plus en plus souvent. Je peux juste m'estimer heureuse d'être seulement 5 dans un dortoir de 15 personnes. L'auberge pourrait être complète. Le couple d'italien est partis mangé à l'extérieur et les deux marcheurs espagnols ne tardent pas à partir également. Je me retrouve seule. Cela me donne l'espace dont j'ai besoin pour passer une soirée au calme.


Aline Lourtie

04 octobre 2023


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