J40 - Ayegui - Sansol
- Aline Lourtie
- 9 oct. 2023
- 4 min de lecture
Longueur de l'étape: 25,13 km
Total parcouru: 947,32 km
Je me lève vers 5h30. et me mets rapidemet en route. La nuit est belle. Le ciel est rempli d'étoiles. Je passe devant le monastère dont Maman m'a parlé hier. C'est vrai qu'il a l'air beau. Je m'en veux un peu de ne pas avoir eu le courage d'aller le visiter hier. J'aurais pu le voir en plein jour. Je passe devant la fontaine du vin. Je bois quelques gouttes pour me donner force et courage pour le chemin.

Le chemin est simple : peu de dénivelé, pas du tout accidenté. Cela me laisse tout le loisir de profiter des paysages et de ce qui m'entoure. Les paysages sont très beaux. Je ne sais pas pourquoi mais je suis touchée. Je n'arrive pas à décrire ce que je ressens pendant que je marche. Une grande paix intérieure peut-être est-c le vin qui fait cet effet-là.

J'arrive à Sansol vers 12h30. L'hébergeur n'a pas encore terminé de préparer le dortoir. Je m'installe sur un banc à l'ombre. Quand il m'accueille et qu'il apprend que je n'ai pas réservé, il semble mécontent. Il m'explique qu'il est préférable de réserver sinon je risque de me retrouver sans place. Cela m'étonne car depuis que je suis en Espagne, plusieurs auberges ont refusé de prendre ma réservation. C'est premier arrivé, premier servi. L'auberge est très jolie. Elle m'attiré à cause de son nom « Karma Albergue ». Je comprends vite que Josu est sensible au yoga et à la méditation. Cela se voit dans sa déco. Cela donne ue chouette ambiance.
Je suis rejointe un peu plus tard par Claire, une autre pélerine. Je discute un peu avec elle avant de partir faire un tour dans le village. Je m'installe sur un banc près de l'église pour manger. J'en profite aussi pour faire mon nouvel itinéraire. Si je le respecte, j'arriverai à Compostelle soit le 4 soit le 5 novembre. Quand je rentre à l'auberge, deux autres pélerins sont arrivés : Daniel, le pélerin Catalan que j'ai déjà croisé à Sangüeza et Rafa. Ils parlent très vite et je ne comprends pas tout ce qu'il me raconte. Josu, l'hébergeur, vient discuter avec moi. Il me parle de la Belgique. Il l'air supris que je ne parle pas flamand et que je ne sache pas que Bruges a été sous domination espagnole.
Je retourne faire quelques courses. En allant au magasin, je croise une autre pélerine appelée Claire aussi. Elle vient de Virginie aux USA. Nous nous sommes croisé sur le chemin tout à l'heure. Elle est en train de manger. Je suis impressionnée de la voir manger du pain avec du choco et du beurre de cacahuète. J'imagine que cela doit avoir son poids dans son sac. Elle termine son repas et puis reprend le chemin. Au magasin, je croise l'autre Claire, Raul, Roberto, Rafa. Ils dorment tous chez Josu. L'épicerie est miniscule et avec tout ce petit monde à l'intérieur, ce n'est pas évident de se déplacer.

De retour à l'auberge, Josu nous enregistre en scannant nos cartes d'identité et en tamponnant nos crédentiales. Nous descendons ensuite pour manger le repas préparé par Josu. Nous sommes 6 : Claire, Daniel, Rafa, Raul, Roberto et moi. Au menu : salade de thon, tomates, oeufs, aperges, maïs. Cela fait du bien de manger un peu de légumes. Puis pâtes carbonara et comme dessert une succulente crème vanille. C'est un vrai régal. Josu ne mange pas avec nous car il a d'autres plans. Au début, nous échangeons en espagnol et parfois en anglais pour Claire. Les espagnols parlent vite et j'ai du mal à les comprendre. Milieu de repas, nous sommes rejoint par un autre pélerin, Daniel qui vient de République Tchèque. Il commence à parler anglais avec Claire. De ce que je comprends, cela parle politique. J'ai donc d'un côté une conversation en espagnol et de l'autre une conversation en anglais. Je ne sais plus où donner de la tête. Je n'arrive à suivre ni l'une ni l'autre. Cela me demande trop de concentration et me fatigue. Je n'ai plus l'élan de me sociabiliser. Je sens, qu'eux, ils ont plutôt envie de faire la fête et de continuer à discuter. Je suis la première à quitter la table et à monter me coucher.
Je m'endors rapidement. Par contre, je suis réveillée quand les autres viennent se coucher. Ils ne sont pas du tout discrets. Vers minuit, je suis à nouveau réveillée par des ronflements. C'est horrible. Genre le général allemand dans « La Grande Vadrouille ». Impossible de dormir. Je mets mes boules quies. Je l'entends encore. J'enfouis ma tête dans mon oreiller. Je l'entends encore. Je m'énerve. J'ai juste envie de l'étouffer avec son oreiller. J'essaye de me concentrer sur ma respiration et de penser à autre chose. Je finis par m'endormir. A 3 heures du matin, c'est le défilé pour aller aux toilettes : un premier qui se lève puis un second, puis un troisième. Bref, tout le monde y va. Chacun à son tour. De nouveau, impossible de me rendormir. Vers 4h30, je suis complètement réveillée. Nuit très difficile.
Aline Lourtie
10 octobre 2023







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