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J47 - Itero de la Vega – Villacazar de Sirga

Longueur de l'étape: 25,85 km

Total parcouru: 1151,47 km


Je réveille pertubée suite à une série de rêves où Papy et Mamy étaient malades. Je suis toujours fâchée contre les autres pour le bruit qu'ils ont fait hier. Cela me pose beaucoup de question sur mon rapport aux autres. J'ai souvent la sensation, que cela soit sur le chemin ou en général, d'être une extraterrestre, de ne pas être comme les autres, d'être à part, d'être marginale et surtout de ne pas réussir à aller à la rencontre des autres. Je fais la petite méditation dans mon lit puis je me prépare à partir.


Quand je descends dans le réfectoire, je constate qu'il n'y a pas d'électricité et donc pas la possibilité de me faire un thé. Je mange des tartines avec un peu de beurre histoire de ne pas partir le ventre vide. D'autres pélerins se réveillent. Je me sens oppressée. Je quitte rapidement l'auberge. Le ciel est nuageux avec quelques éclaircies. Il y a aussi pas mal de vent.


Lever de soleil entre Itero de la Vega – Villacazar de Sirga

Je ne sais pas encore où je vais m'arrêter aujourd'hui, j'hésite entre trois villes : Villacazar de Sirga (ce qui fait une petite étape), Carrion de los Condés (où il risque d'y avoir beaucoup de pélerins) et la ville d'après est beaucoup plus loin ce qui fait presque 48 km.


Paysages entre Itero de la Vega – Villacazar de Sirga

Je m'arrête à Villacazar de Sirga pour manger et je me sens bien sur cette petite place. Je vois les pélerins défiler devant moi. Je me dit qu'ils vont tous à l'étape d'après. Je décide donc de rester ici. Je trouve une chouette petite auberge. Je suis rejointe par un autre pélerin. Le temps de m'installer d'autres pélerins arrivent dont trois anglais qui étaient dans la même auberge que moi à Itero de la Vega. Il y a aussi une pélerine. Je me sens fermée et triste. Le moral est relativement bas. Je suis fatiguée physiquement. Je m'interroge sur ce que je fais là et si cela à encore du sens de marcher. Je me dis qu'il est temps que je lâche vraiment prise par rapport au autres soit en acceptant pleinement mon côté marginal et me dire que c'est ok d'avoir envie d'être dans ma bulle et d'être aussi ok sur le fait que d'autres ne sont pas comme moi et qu'ils ont envie de se rencontrer. Soit de m'ouvrir aux autres et de faire la fête avec eux et d'aller à leur rencontrer. Peu importe le choix que je vais faire, il est important qu'il soit assumé et que je n'en veuille pas aux autres de vivre leur propre chemin. Beaucoup de questions.



Je décide d'aller me promener. Je croise James, un des trois pélerins anglais. Nous discutons. Il parle un peu en français mais nous communiquons prncipalement en anglais. Cela me fait du bien d'avoir une conversation en tête à tête. C'est plus facile et moins fatiguant pour moi que lorsque je suis en groupe. On fait un petit tour dans la ville puis on va boire un verre au bar.


De retour à l'auberge, je discute avec les autres pélerins : une jeune fille allemande dont j'ai oublié le prénom, Richard et Andy. Je propose de faire un massage de la nuque et des épaules à James. Cela me plait. Les autres n'ont pas l'air preneur. James s'en va de son côté. Je reste avec l'allemande et Richard. Je décide d'aller manger au bar. J'y retrouve James et Andy. James m'offre un verre. Nous mangeons tous les trois un menu pélerin. Richard vient nous rejoindre. Un autre pélerin Irlandais arrive. Il parle vite avec un fort accent. J'ai du mal à le comprendre et je commence à fatiguer.


Après le repas, nous rentrons tous à l'auberge. Les garçons jouent au poker. De mon côté, je me préparer à aller me coucher. Avant, je leur dis au revoir. James me prend dans ses bras et me remercie. Il me dit que je suis une belle personne. Cela me fait beaucoup de bien. Nous échangeons nos numéros. Cette soirée m'a fait du bien et m'a remonté le moral.


Par contre, ils font beaucoup de bruit quand ils reviennent dans le dortoir. Cela me réveille. Je ne trouve pas cela très respectueux de parler fort et d'allumer la lumière alors qu'il y a d'autres personnes qui dorment déjà. Je mendors rapidement. La nuit et bonne et remplie de jolis rêves d'amour.


Aline Lourtie

17 octobre 2023

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