J48 - Villacazar de Sirga - Moratinos
- Aline Lourtie
- 18 oct. 2023
- 4 min de lecture
Longueur de l'étape: 31,94 km
Total parcouru: 1183,41 km
Après avoir fait ma petite méditation dans mon lit, je me prépare pendant que les autres déjeune. Je me mets en route tôt. Il fait encore noir. Il y a beaucoup de vent et un peu de pluie. La route n'est pas top. Je suis de nouveau à côté d'une grand route.
A partir de Carrion los Condes, c'est un défilement de pélerins. Ce n'est pas une situation qui me va. De plus, je dois lutter contre le vent et des rafales de 30-40km/heure en pleine figure avec parfois de la pluie. C'est compliqué de s'arrêter et de faire des pauses. Difficile aussi de profiter des paysages avec le vent, la pluie, les nuages, la route d'un côté, la file de pélerins devant moi. Le moral est bas et je suis fatiguée physiquement. J'avance vite pour terminer cette étape le plus vite possible.

J'arrive à l'auberge vers 14h. Je n'ai pas fait de pause à midi. Le temps ne s'y prêtait pas vraiment et j'avais surtout envie de tracer. Je me suis arrêter dans une petite ville un peu avant pour faire quelques courses pour mon repas. L'auberge est sympa. Quand j'arrive, il y a déjà une autre pélerine. Une dame plus âgée qui reste dans son coin et qui est très silencieuse. Elle a une canne et marche difficilement. Elle est très voûtée. Je suis impressionnée et me demande comment elle fait pour faire le chemin dans cet état.

Il y a 3 dortoirs : un de 8 lits, une chambre avec un seul lit occupé par la dame plus âgée et mon dortoirs avec un lit superposé qui se trouve entre les deux autres dortoirs près de la porte d'entrée. J'ai fait le choix de me mettre là même si c'est un endroit de passage pour être avec moins de monde et aussi pour pouvoir partir sans trop déranger les autres demain matin. D'autres pélerins arrivent : un père et sa fille. Ils sont américains et 3 français. Les 3 français sont loin d'être discrets. Ils ne semblent pas voir que nous sommes là. Ce genre de comportement m'énerve très fort.
Je sens que je suis épuisée. Après ma douche, je mange un bout. Je m'emballe ensuite dans mon sac de couchage car j'ai froid à cause du vent et de la pluie. Je commence à écrire un long message à Maman. En écrivant, je sens que mes yeux se fement et que j'ai juste envie de domir. Je terminerais plus tard. Je fais une petite sieste. C'est la première fois dans ce voyage que j'ai à ce point besoin de dormir durant l'après-midi. Quand je me réveille, il est déjà 16h. Je continue d'envoyer des nouvelles et je reste couchée car je n'ai pas l'énergie de faire autre chose. Je trouve quand même la force de ranger mon sac. Je fais un tri et me déleste de certaines choses qui sont devenues inutiles genre crème solaire, crème anti-moustique, ...
Vers 18h30, je me prépare à aller manger au restaurant de l'auberge. En me levant, je sens que je suis nauséuse, j'ai des vertiges. Je me dis que c'est la fatigue et la faim et que cela ira certainement mieux après le repas. Je commande un coca pour avoir une bonne dose de sucre et m'aider à me remonter. Je commande aussi un menu pélerin avec de la soupe, un plat typique espagnol dont j'ai oublié le nom et une crème citron comme dessert. J'ai beaucoup de mal à terminer ma soupe. Quand la serveuse m'apporte le plat principal, je sens que je suis dégoûtée par la nourriture. Impossible d'avaler une cuillère en plus. Je vais trouver la serveuse et essaye de lui expliquer la situation. Je m'excuse et je retourne me coucher. Je suis malade peu de temps après. Je vomis. Après, je me sens un peu mieux. Je retourne me coucher et essaye de me reposer. Les autres pélerins rentrent au gîte. Les 3 français font un boucan de dingue. Je m'endors rapidement mais je me réveille vers 23h. J'ai chaud. Je ne me sens pas bien. Je vais aux toilettes. Je suis de nouveau malade. Mon estomac semble soulagé. Je retourne me coucher mais j'ai du mal à me rendormir. Je me retourne dans tous les sens. J'ai chaud, j'ai froid, j'ai des frissons, j'ai mal à la tête.
Maman a répondu à mon message où je lui expliquait que j'étais KO. Elle me dit qu'elle est d'accord de me payer une chambre d'hôtel à Moratinos pour que je puisse me reposer demain matin et reprendre la route quand je serai en meilleure forme. Je suis touchée. J'y réfléchi. Est-ce que je vais arriver à m'arrêter ? Est-ce que c'est une bonne idée ? En regardant mon itinéraire, je vois que Sahagùn est à une dizaine de kilomètres. C'est une ville plus importante avec des magasins, une pharmacie, des hôtels. Je me dis que c'est peut-être mieux de m'arrêter là-bas plutôt que de rester ici. Je me dis que la mise en mouvement va peut-être me faire du bien. Et ce n'est qu'à 10 km. J'arrive finalement par m'endormir. Je sens que je suis un peu triste de ce qui se passe et d'être KO.
C'est aussi cela le Chemin: des jours "sans", des baisses de morale, tomber malade, une météo pas très fun. Il faut faire avec et essayer de trouver les solutions pour se faire du bien et ainsi continuer à avancer.
Aline Lourtie
18 octobre 2023



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