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J56 - Villafranca del Bierzo - Trabadelo

Longueur de l'étape: 9,89 km

Total parcouru: 1388,07 km


Quand je me réveille, malgré la pensée de la veille, je décide de reprendre la route et de voir comment cela se passe. J'ai l'impression que ma cheville va mieux. Je mets de la crème anti-inflammatoire et je mets une bande. Je ne me fixe aucun objectif pour ne pas me mettre de pression. J'essaye d'y aller un pas à la fois. J'espère pouvoir faire entre 15 et 20 km car je suis un peu déprimée de devoir allonger mon séjour de 10 jours supplémentaires en marchant 10 km par jour. J'aimerais être capable d'en faire 15 km par jour. Cela me permettrait de revenir le 6 novembre comme prévu.


Je me mets en route. Il pleut, je longe la route et ma cheville est douloureuse dès le départ. Je regarde sans cesse le nombre de kilomètres qui me sépare de la prochaine ville. Je pleure sur le chemin et me pose mille questions. Pourquoi je fais ça ? A quoi ça sert de continuer si c'est pour avoir mal ? Je m'interroge énormément. Il y a beaucoup d'émotionnel. Je ne prends aucun plaisir à marcher. C'est difficile.


Paysage à Trabadelo en Espagne

Je décide de m'arrêter au prochain village : Trabadelo. Je prends un hôtel pour être confortable. L'idée est de reposer ma cheville, de me poser, de réfléchir à ce que je veux et de prendre une décision. Je ne peux pas aller à l'hôtel avant 14h et j'arrive à Trabadelo vers 10h30. Je vais dans un café pour boire un thé. Je vais à l'hôtel vers 13h en me disant que je peux manger un morceau au restaurant de l'hôtel en attendant que la chambre soit prête. Heureusement, je peux disposer de la chambre plus tôt.


Je prends une bonne douche bien chaude d'une heure. J'ai très froid à cause de la pluie. Je pleure. La décision devient de plus en plus claire et évidente. Je décide de m'arrêter. Je me dis que cela ne sert à rien. Tout ce que je fais maintenant, je le fais pour avoir la satisfaction d'arriver à Compostelle et je ne suis pas certaine que cela soit suffisant. J'ai peur de me blesser davantage. Je suis tellement impatiente de rentrer alors pourquoi rester. A quoi bon si c'est pour rester dix jours de plus à marcher sous la pluie, en ayant mal, en pleurant, en prenant des hôtels, en étant à bout et en ne prenant plus aucun plaisir sur le chemin ? Cela ne sert à rien.


La plupart des gens me disent que c'est le chemin qui compte et pas la destination. Si le chemin c'est ce que je vis depuis plusieurs jours et ne plus être nourrie par ça, cela ne sert à rien. Plus je partage cette décision plus je m'apaise. Je passe l'après-midi à envoyer des nouvelles et je passe un bon bout de temps à trouver le moyen pour rentrer en Belgique, à réserver des transports en commun. Cela me prend quasi tout l'après-midi. Je continue à prendre soin de ma cheville et à me reposer en bouquinant et en regardant des films.


Impossible de trouver le sommeil avant deux heures du matin. J'ai chaud, j'ai les jambes agitées, je ne sais pas comment me mettre. Je suis nerveuse. Je suis contente d'avoir pris la décision de rentrer car je me vois mal reprendre la chemin après une nuit pareil.


Aline Lourtie

26 octobre 2023

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