A travers les mots
Elle est entrée dans ma vie sans prévenir.
Lire, oui. Interpréter, oui. Raconter, oui. Écrire, non. Ce n’était pas pour moi. Je regardais cet art de loin, avec beaucoup d’admiration pour les personnes capables de jouer avec les mots, de leur donner une musicalité, de faire vivre des ressentis, des personnages.
Il y a quelques années, un ami m’a incitée à écrire. Mettre mes pensées en mots est un exercice difficile. Je lui promets d’essayer. Surprise. Les mots coulent tous seuls. Les pages blanches se remplissent. Je me surprends à écrire un texte puis un autre et encore un autre.
L’écriture fait à présent partie de ma vie. Tout comme le théâtre, la danse, la musique, elle m’aide à exprimer, à rêver, à m’évader.

Parfois, je ne l’écoute pas. Elle reste patiente. Elle se fait discrète. Parfois, elle est entêtante. Les mots tournent en boucle dans ma tête et ne demandent qu’à émerger. Parfois, je peux écrire des pages et des pages. Parfois, je peux rester des mois sans écrire une seule ligne.
Parfois, je me décourage, je doute. Je me lasse de ma propre écriture : les mêmes thématiques, les mêmes mots, les mêmes tournures de phrases. J’ai la sensation de m’enfermer dans un style. J’essaye d’en sortir, d’explorer d’autres choses. Cela sonne faux.
L’écriture, ce n’est pas juste poser des mots et construire des belles phrases. C’est faire vivre, faire ressentir dans tout le corps, au plus profond de la chair. Je veux rendre l’émotion vivante, qu’elle vienne toucher la personne en plein cœur.
Mes textes sont souvent intenses. Ils expriment ce qui me traverse, ce qui me bouscule, ce qui m’émerveille. Et puis, certaines choses sont enfouies depuis tellement longtemps qu’elles jaillissent comme un torrent. Cette écriture cathartique est organique, vibrante, vivante.
Ils peuvent aussi être doux, comme une caresse, comme un câlin. Quelque chose de chaud qui réconforte, qui console, qui adoucit. Ils sont colorés, lumineux, souriants. Ils sont le reflet de la beauté du monde, des petits bonheurs qui enchantent ma vie.
Par moments, ils sont à l’image de mon mental : rempli de questions, de réflexions, de doutes. Je cherche, je gratte, j’analyse, j’essaye de comprendre, d’ordonner, de ranger. Il n’y a jamais de résolution ni de solution, juste des constats, des interrogations, des « peut-être », des « et si… ».
Derrière chaque texte, il y a une facette de moi, même inconsciente, qui apparaît. Ils reflètent mon univers, qui je suis, ce qui m’anime, là, au plus profond de mon être. Chaque mot, chaque phrase est une part de moi qui s’exprime. Mon style est court, répétitif, intense, délicat, organique, vivant. Il est comme moi : imparfait et en constante évolution.



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