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J17 - Castres - Dourgnes

Longueur de l'étape: 19,78 km

Total parcouru: 339,81 km


Je me réveille vers 6 heures. Yotan n'est pas encore levé. Je ne sais pas s'il dort encore. J'essaye de faire le moins de bruit possible en rangeant mes affaires et en déjeunant. C'est difficile de ne pas faire de bruit. Je pense qu'il est réveillé mais qu'il en se lève pas. Il ne me dit rien. Je suis un peu déçue de quitter le studio sans qu'on puisse se dire au revoir.


L'étape n'est pas très longue aujourd'hui. Pas beaucoup de kilomètres au compteur mais elle me parait interminable. Je marche quasi tout le temps sur du goudron, il y a pas mal de routes fréquentées et les voitures roulent vite. C'est parfois dangereux. Les forêts ont laissé la place aux prairies. Les paysages ne sont pas spécialement jolis. Corinne et Christianne, que j'ai rencontré à Joncels m'avaient dit que les paysages entre Castres et Toulouse n'étaient pas exceptionnels, qu'ils étaient monotones. Vivement dépasser Toulouse !



Il y a aussi de grosses rafales de vent ce qui ne facilite pas la marche. J'ai l'impression de devoir lutter contre le vent et de ne pas avancer. J'arrive au gite vers 13h. Il s'agit d'une vieille ferme. Je suis accueillie par Florence. Elle me fait visiter et nous disutons ou plutôt elle me parle de sa situation compliquée : son mari l'a quittée, elle doit gérer la ferme seule. Au début, elle avait 22 chevaux, 20 ânes et 300 moutons. Elle a vendu les chevaux et les moutons. Il reste encore beaucoup de travail pour une personne seule et elle n'arrive pas à trouver une personne de confiance pour l'aider. Il y a 120 hectares de terrain et aussi 3 roulottes qu'elle loue comme gîte. En plus de ça, elle organise des formations et fait des soins énergétiques. Bref, elle ne chôme pas. Elle a aussi 4 enfants (entre 25 et 30 ans). Elle ne voit plus ses trois filles. C'est lourd. Je sens beaucoup de tristesse dans sa voix. Elle a l'air déterminée, volontaire, travailleuse et active. Elle me parle aussi de son envie d'aménager d'autres roulottes et des yourtes pour pouvoir accueillir des formations ou des retraites. A ce moment-là, je commence me faire plein de films : je pourrais venir l'aider à la ferme et faire des massages, organiser des formation et gérer l'accueil des groupes sur son terrain. Après, je me dis que ce n'est pas la plus belle région de France, qu'il y a beaucoup de vent et des événements cévenoles. Vivre en yourte dans cette région n'est pas la meilleure des idées et puis en hiver cela doit être isolé et cafardeux.


Incription sur une colonne en béton "Marcheur, que ton chemin soit serein, et que dieu te garde"

André, un autre pélerin, arrive un peu plus tard. Il est retraité de l'enseignement depuis 3 semaines. Il a déjà de nombreux beaux projets en tête pour occuper son temps : randonner, peindre, faire de la photo, se former, ... Il est très gentil. Il dégage beaucoup de douceur. Il a déjà été à Compostelle via la voie du Puy. Il m'a un peu parlé de la partie espagnole qu'il a beaucoup aimé. Cela fait envie. Cette fois-ci, il est parti de Vauvert. Il marche depuis 11 jours. Malheureusement, il s'est blessé à la cuisse et il ne sait pas s'il va pouvoir continuer. Il voit au jour le jour en fonction de son état. Florence lui propose de lui faire un soin pour le soulager.


Après m'être installée au gîte, j'ai téléphoné à Véro car c'est son anniversaire aujurd'hui. J'aurai pu lui envoyer un message mais j'avais envie de l'appeler pour avoir de ses nouvelles. Nous sommes restées plus d'une heure au téléphone. C'était gai de l'entendre. Cela lui a fait super plaisir que je l'appelle. C'était un beau cadeau.


Après le soin, André va se coucher. Il est un peu KO. Je propose à Florence de l'aider à péparer le repas. En apéro, elle nous fait goûter le vin de sureau qu'elle fait elle-même. Il est bon mais un peu trop sucré à mon goût. Le repas est copieux et savoureux : salade tomates/feta, lasagne et crème de café. Je suis repue. Pendant le repas, nous discutons beaucoup du chemin puisque André et Florence sont des pélerins avertis. Ils sont tous les deux amoureux de la partie espagnole. Florence me raconte la coutume qui est d'arriver à la mer, d'aller se baigner, de brûler ses vieux vêtements et de s'habiller avec des nouveaux. J'ai bien envie de le faire. Malheureusement, cette tradition est interdite à cause des dérives (déchets, dégât des feux,...).


Le repas se termine tard. Florence est bavarde et c'est difficile de l'arrêter. Il est passer 21 heures quand nous montons nous coucher. André a l'air très fatigué. Nous discutons encore un peu avant de nous endromir. Je passe une bonne nuit.


Aline Lourtie

17 septembre 2023


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