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J22 - Roman-Saint-Agne - Léguevin

Longueur de l'étape: 29 km

Total parcouru: 465,15 km


Voilà l'étape que je redoute tant: la traversée de Toulouse.


Le trajet pour aller jusqu'à Toulouse est tranquille. Je continue de longer le Canal. Par contre, l'entrée dans Toulouse est plus « violente » : des voitures, des cyclistes et des joggeurs partout. Il y a beaucoup trop de choses et de monde autour de moi. Je suis complètement paumée. Je garde bien ma carte sous les yeux pour éviter de me perdre dans tout ce remue-ménage. Je me sens toute petite, oppressée et agressée. Je suis en décalage par rapport à ce rythme trop rapide. Les éléments de la nature comme le Canal et la platanes paraissent insignifiants et inexistants dans ce monde de bitume, de béton, de voitures. Cela me rend triste et m'interpelle. Je me pose beaucoup de questions sur la société dans laquelle je vis. Elle me fait peur. Elle me renvoie aussi au fait que je vais vivre un grand décélage en rentrant en Belgique, quand je vais reprendre « le rythme ». Comment arriver à garder le calme, la sérénité du Chemin dans la vie de tous les jours ?


On m'a vanté la ville de Toulouse. J'ai hâte d'arriver dans le centre pour découvrir cette fameuse ville Rose. Je suis déçue. Il y a des travaux un peu partout. Il y a quelques beaux bâtiments mais qui ne sont pas mis en valeur. Cela me donne encore plus envie de partir de quitter cette ville.



Sur le chemin de l'Office du Toursime, je croise Florent. Il va prendre le métro pour aller à son lieu de rendez-vous et prendre son BlaBla Car pour rentrer chez lui. Nous discutons un peu sur un banc. Je ne suis pas très bavarde. Je me sens stressée, nerveuse et déjà fatiguée par toute l'agitation autour de moi.


Je suis quand même contente d'avoir été patiente pour avoir le tampon de Toulouse sur ma crédentiale. Avant de rejoindre le Chemin, je passe par la Place du Capitol. Il y a un gros événement. De nombreuses tonnelles sont installées. Il est impossible de voir correctement la place et les bâtiments. Cela renforce ma déception. Je passe également voir la Basilique Saint-Sernin. Le quartier est plus calme et la Basilique est très belle à l'extérieur et à l'intérieur. J'ai vraiment envie de quitter Toulouse. Sans cela, j'aurais pris le temps de me poser et de faire une prière.



Plus je m'éloigne du centre et plus cela se calme au niveau de l'agitation piétonne. Je passe uen bonne partie de la journée à longer des axes routiers très fréquentés. Bruits de voiture, odeur de bitume et d'essence. Pas cool le chemin. Les seuls endroits où je peux me poser sont les abris de bus. En dehors de cela, je ne trouve aucun endroit sympa. Alors, je marche. J'ai la sensation de ne pas avancer, de tourner en rond et que je ne sortirai jamais de cette ville. Je commence à me décourager. C'est vraiment difficile. Le vent commence à se lever, le ciel est tout gris et il pleuvine de temps en temps.


Vue de la ville de Toulouse depuis le Canal du Midi

A mi-étape, je décide d'écouter de la musique pour me couper de cette ambiance. Cela me donne le courage d'avancer. Un peu plus loin, je trouve des toilettes publiques. Ouf ! Je vais enfin pouvoir soulager ma vessie. Ce sera un problème de moins.


A Pibrac, je trouve une petite place sympa, au calme, avec des bancs. Je m'y installe pour manger un morceau. Cette pause me fait beaucoup de bien. Il doit me rester une dizaine de kilomètres jusqu'à Léguevin.


J'arrive enfin au gîte. Je suis accueillie par André. Il est bénévole dans l'Association Jacquaire de Toulouse. Il me montre rapidement le gîte. J'ai hâte de m'installer et de me poser. André est, comme la plupart des hôtes, adorable et accueillant. Il est aussi très bavard. Il me raconte beaucoup d'histoires. Mon cerveau n'enregistre pas tout. Je sature. J'ai besoin de calme et de repos.


Il se décide à partir au bout d'une demie-heure de discussion. Après son départ, je m'active. Il y a une machine à laver. J'en profite pour faire une grosse lessive. J'espère juste que mon linge sera sec pour demain. Pendant que la machine tourne je prends ma douche et pars faire quelques courses. En rentrant, je donne quelques nouvelles à la famille en prenant un petit apéro. Je mange un plat de pâtes au saumon et je termine par une tarte au citron comme dessert. Cela me fait du bien ce petit plaisir sucré et ce temps pour moi. Par contre, je suis gavée. J'avais besoin de ce réconfort et de me « remplir ». Je ne tarde pas à aller me coucher. L'étape de demain est longue. Un petit massage des pieds et des jambes et puis dodo.


Aline Lourtie

22 septembre 2023



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