La fin...
- Aline Lourtie
- 26 oct. 2023
- 2 min de lecture
Le voyage se termine...
Ce matin, j'ai repris le chemin. Il me semblait que ma cheville allait un peu mieux et après un bon petit-déjeuner, je me suis dit que cela irait.
Sous la pluie, le long de la route avec une cheville douloureuse. J'ai fait à peine 10 km. J'ai voulu essayer d'aller un peu plus loin, pousser jusqu'à 15 km mais j'ai senti que c'était trop.
J'avais besoin de me (re)poser, de réfléchir à ce qui était le mieux pour moi. Je me suis posée beaucoup de questions durant ce trajet. Pourquoi est-ce que je fais cela? Est-ce que cela en vaut la peine? Si ce n'est pas la destination qui compte mais le chemin, pourquoi continuer à faire un chemin qui ne me nourrit plus, où je ne trouve plus de plaisir?
Ma seule raison de continuer est d'imaginer l'immense satisfaction, l'immense joie ressentie en arrivant à la Cathédrale de Saint-Jacques. Mais est-ce suffisant comme raison?
Cela fait plusieurs jours (voire semaines) que je dis que la Belgique me manque, alors pourquoi ne pas rentrer? Continuer n'est-ce pas de nouveau nier mes limites et me laisser guider par mon ego? Et si en voulant continuer je me blessais davantage?
Il reste 180 km jusque Santiago. C'est peu au regard de ce qui a déjà été fait. Mais marcher 180 km dans ces conditions me semble très difficile vu la peine que j'ai eu à en faire 10 aujourd'hui.
J'ai essayé de calmer les émotions, d'écouter ce qui était derrière, de me poser pour essayer d'y voir plus clair.
La solution qui m'apparaît, qui me semble juste et m'apaise même si elle est difficile, est de m'arrêter.
J'ai marché presque 1400 km en 56 jours. C'est plus que ce que j'avais prévu (au tout début, il était prévu que je fasse uniquement la voie d'Arles. L'idée d'aller jusqu'à Compostelle est arrivée après).
Durant ce voyage, j'ai appris, je me suis émerveillée, j'ai fait de belles rencontres, j'ai eu des coups durs, j'ai été émue aux larmes par des paysages splendides, j'ai vécu à mon rythme et au contact de la nature.
Je suis fière de moi, fière de ce chemin. J'ai envie d'emporter avec moi tous ces bons moments. Je n'ai pas envie de "gâcher" cela en voulant aller plus loin.
C'est une autre leçon du Chemin: me satisfaire et être heureuse de ce que j'ai vécu et ne pas chercher à vouloir toujours plus.
Tout est déjà là. J'ai vécu ce que j'avais à vivre sur ce Chemin. Il est temps pour moi de rentrer en emportant tout ce qu'il m'a appris.
Aline Lourtie
26 octobre 2023




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