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  • Je suis possédée

    Je possède beaucoup de choses: un maison pour m'abriter, une voiture pour me déplacer, un ordinateur pour travailler, des vêtements, de l'argent, un piano, des bouquins, des DVD, ... Cela m'apporte du confort dans ma vie de tous les jours. Je possède des projets dans lesquels je m'investis. Cela me donne la sensation d'être utile et de faire quelque chose de bien pour mon environnement. Je possède un mental fort qui réfléchit, pense, analyse, comprend, étudie et parfois avance à 1000 à l'heure. Cela me permet de tout gérer, de tout organiser comme il faut. Que tout soit bien rangé Je possède de nombreuses croyances sur le monde, sur les autres, sur moi. J'ai des idées bien précises sur ce qu'est la vie, l'amour, les relations, le travail. Cela me donne l'image d'une femme cultivée avec ses propres opinions. Je possède un tas d'émotions. Elles peuvent être fortes. Positives, négatives. Quand elles surgissent, je me sens vivante, intense. Je possède des ami/es, une famille. Oui, je dis bien « je possède » car souvent, je les prends pour acquis. Ce sont MES ami/es, MA famille. D'une certaine manière, ils m'appartiennent. Cela m'apporte le sentiment d'être aimée, entourée, acceptée, reconnue. Je possède MES amours. Tous les hommes que j'ai aimé, je les ai possédé. Encore maintenant. Je TE possède. Toi, MON Amour Je te considère comme MON Autre. Celui qui m'apporte Joie, confiance et amour. Je me sers de toi pour me nourrir de douceur et de tendresse. J'essaye de te changer, de te faire autre pour que tu colles un peu plus à l'image que je me fais de toi, de moi, de nous. Je possède la capacité de donner. Donner, donner et encore donner. Donner pour mieux espérer recevoir en retour. Donner avec conditions. Elles sont écrites en tout petits caractères en bas du contrat. Même moi, je ne les lis plus et je fais comme si cela n'existait pas. Cela me donne l'impression d'être une personne aimante, remplie de qualités et dévouée aux autres. Bref, l'image d'une sainte. Toutes MES possessions se trouvent au creux de mes mains. Je les tiens bien fermement. Elles me rassurent. Elles me donnent une contenance, me remplissent. J'ai la sensation de pouvoir tout contrôler et d'avoir entre mes mains tout ce qu'il faut pour trouver la clé de MON bonheur. Et je me sens LIBRE car en pleine possession de tous MES moyens. Je regarde mes mains remplies. Je suis épuisée, fatiguée. P***** ! C'est lourd de porter tout ça. Mais je tiens bon. Surtout ne pas lâcher. Sans cela, je risque de disparaitre, de ne plus exister, d'être vide. Et plus je tiens bon, plus je remplis mes mains d'un tas d'autres choses en espérant que cela va tout alléger. Je regarde mes mains et je vois les liens qui m'attachent à tout cela. Je prends conscience que je ne possède pas. Ce que j'ai là, entre mes mains, c'est du vide, c'est creux. Je projette sans cesse des images vers l'extérieur. Je me raconte des histoires. Je fabule. Je divague. Je suis folle. Je ne contrôle rien. Je suis possédée par MES propres possessions, par MES propres obsessions. Toutes MES possessions me possèdent dans un seul et unique but : celui de figer une image de MA réalité, de me faire exister, de créer un personnage, une image parfaite de moi-même. Mais qui suis-je réellement ? Suis-je vraiment la somme de toutes MES possessions, croyances, émotions, relations ? Suis-je la somme de tout ce qui me limite ? Ne suis-je pas plus que cela ? Ne suis-je pas autre chose ? Finalement, c'est quoi ÊTRE ? Et si tout cela disparaissait ? Que serais-je ? Je regarde mes mains et toutes MES possessions s'écroulent, deviennent poussière. Une poussière fine qui s'envole et file entre mes doigts. Je suis incapable de la rattraper. J'essaye. Juste pour me rassurer. Juste pour ne pas être complétement et totalement seule face à moi-même. La lutte continue. Plus difficile et fatiguante puisque j'essaye de retenir quelque chose d'insaisissable. Tout finit par disparaitre. Je suis là, démunie, perdue. Devant moi, il y a un grand horizon. L'inconnu. Je ne bouge plus. J'écoute, j'observe. Je savoure ce qui est là avec légèreté. Je suis là, disponible, les mains vides, prête à accueillir tout ce qui viendra s'y déposer. Je suis là, disponible, le coeur ouvert à tout ce qui va venir le faire chavirer, le percuter. Je suis là, tranquille, prête à me laisser porter, à me laisser dépasser. Je ne suis plus RIEN et en moi, je ressens TOUT et je m'en remets à la Vie. Aline Lourtie 30/05/2025 Texte inspiré: par - La chanson « Soyons fous » des Tit' Nassels - Le livre « De l'adandon » d'Eric Baret - De vécus, d'expériences, de ressentis

  • Ivresse

    Ivresse qui euphorise. Ivresse qui grise. Ivresse qui pétille. Mes yeux scintillent. Ivresse qui embrume le mental Dans une odeur de Bois de Santal. Plus de pensées juste un être vivant Qui ressent. Ivresse de l'abandon Qui se cherche à tâtons. Ivresse où le Temps devient Instant Et où l'Instant devient Présent. Moment d'éternité et d'intense banalité. Il n'y a plus rien à chercher. Le fil de Soi coule sous mes doigts Et me mène jusqu'à Toi. Aline Lourtie Inspirée par toi 29/05/2025

  • Le lendemain de la Journée Découverte au Domaine des ColibrYs

    Moi, le lendemain de la Journée Découverte au Domaine des ColibrYs Mes petits yeux cernés me rappellent les nuits passées à créer de beaux visuels. Les douleurs musculaires aux épaules et aux mains me rappellent les pelletées de sable et de BRF, les déchargements, les déménagements, le nettoyage, le rangement,... Les marques de bronzage me rappellent cette magnifique semaine passée sur le terrain à tout préparer. Ma voix un peu voilée me rappelle les échanges, les partages, les discussions. L'odeur du feu sur ma veste me rappelle cette fin de soirée sous les étoiles et autour du feu avec mes collègues/amis. Malgré ces petits défauts, mon visage rayonne. Car ce genre de journée et d'organisation m'apportent tellement de sens, de joie et de plaisir à être là, dans ce projet. Merci à toutes les personnes extraordinaires qui ont donné de leur temps et de leur énergie pour faire en sorte que cette journée soit une réussite. Sans eux/elles, tout cela ne serait pas possible. Merci aussi à toutes les personnes qui sont venues nous rendre visite. J'espère que vous avez pu apprécier ce moment passé avec nous et (re)découvrir ce beau projet Aline Lourtie 14 avril 2025

  • Je t'aime et je te quitte

    Plic. Ploc. Elle entend, au loin, le bruit de la pluie et des notes de musiques. Elle ouvre légèrement les yeux. Tout est flou. Elle ne sait pas où elle est. Petit à petit, l'image devient nette. Elle reconnaît le carrelage de sa salle de bain. C'est froid. Ce n'est pas la pluie qu'elle entend mais le son de la douche qui coule. Que fait-elle là, allongée sur le sol de la salle de bain ? Elle ne sait plus. Tout est confus. Elle essaye de se relever. Elle n'arrive pas à bouger. Elle ressent des douleurs intenses dans tout le corps. Près de sa main, elle remarque du sang qui se mélange à l'eau de la douche. Son sang. Elle ferme les yeux et essaye de se souvenir. Dans sa confusion, elle n'a pas prêter attention à la musique qui passe dans le salon : « Les Quatre saisons de Vivaldi » et plus précisément « l'été Op 8 No 2 en G Mineur ». Elle se souvient maintenant. Elle était dans sa douche. Elle a entendu qu'il augmentait le volume de la musique. Elle savait ce que cela voulait dire. Il l'a prise par surprise. Il l'a d'abord giflée avant de la plaquer contre le mur. Pour finir par la rouer de coups, à l'insulter et à la laisser presque inconsciente sur le sol. Elle l'a entendu sortir de la maison en claquant la porte. Puis, le noir. Ce n'est pas la première fois. Il commence toujours par monter le volume de la musique pour masquer le bruits des coups et des cris. Pourtant, elle ne crie pas. La première fois, elle a crié, elle s'est même débattue. Elle s'est vite rendue compte que cela ne faisait qu'augmenter les coups. Alors, maintenant, elle se tait. Elle laisse faire. Elle attend que cela passe. Elle sait aussi que la colère ne dure pas, qu'il va partir et ensuite qu'il va revenir. Il va s'excuser, la prendre dans ses bras, la consoler. Il va lui dire à quel point il est désolé. Et elle, elle va lui pardonner parce qu'elle sait que c'est de sa faute à elle. Elle a sûrement fait quelque chose de mal pour le mettre en colère. Elle le sait pourtant, qu'il est sensible et qu'il ne faut pas le provoquer. Elle sait qu'elle doit être une bonne épouse. Elle le sait. Elle fait tout ce qu'elle peut pour lui plaire. Et quand elle fait une erreur, c'est normal qu'elle soit punie. Elle le mérite. Au début de leur histoire, il était tellement doux et attentionné. Elle a été séduite au premier regard et elle a toujours su que c'était l'homme de sa vie. Cela a commencé par une simple gifle lors d'une dispute. Puis se sont ajouté les insultes, les coups de poings, les coups de pieds, les objets lancés à la figure. Et de plus en plus souvent. Avant, c'était facile de masquer les coups avec un peu de maquillage. Puis, il a fallu expliquer les fractures, les coupures, trouver des excuses. Ses proches ont vite eu des soupçons. Sa meilleure amie a même appelé la police. Elles se sont fâchées et depuis, elle a coupé les ponts avec sa famille et ses amis. Elle a aussi quitté sont travail pour être femme au foyer et faire en sorte que la maison soit toujours propre et accueillante pour son homme. Elle est ainsi 100% disponible pour lui. Elle pensait ainsi que les colères allaient s'espacer. Au contraire... Toujours couchée sur le sol, les yeux fermés, un frisson lui parcours le corps. Est-ce la froideur du carrelage ? Est-ce la peur ? Elle essaye à nouveau de bouger. Elle ne sent plus son corps. Il est tétanisé. Tous ses muscles sont contractés. Elle sent l'angoisse monter. Elle a du mal à respirer. Elle se concentre sur la musique. Petit à petit, elle sent qu'elle se calme. C'est comme si les notes de musiques venaient la caresser, la consoler. Elles emmènent avec elles la douleur, la peur, la crispation. Elle a la sensation de s'enfoncer dans le sol. Oui, s'enfoncer. Disparaître. Ne plus rien sentir. Plus de douleur. Plus de peur. Portée par la musique, elle se laisse aller. Elle espère que la musique va l'emporter loin, très loin. Elle sent qu'elle part. Elle quitte son corps. Elle oublie. Elle est bien. Elle pourrait rester là à jamais. Elle sent pourtant que ce n'est pas sa place. La musique semble lui redonner des forces. Avec lenteur, elle commence à bouger et fini par se relever. Elle se sèche. Elle ouvre l'armoire à pharmacie et prend de quoi se soigner. Elle a l'habitude. Cela fait longtemps qu’elle ne va plus chez le médecin ou à l’hôpital. Ils posaient trop de questions. Par prudence, elle a appris à se débrouiller seule. Puis, elle met sa plus belle robe, ses plus beaux bijoux et se maquille. Pas trop. Il n'aime pas. Ensuite, elle range et nettoie la maison. Elle enlève les traces de sang sur le carrelage de la salle de bain, ramasse les objets qui lui a jeté à la figure. Elle descend dans le jardin pour cueillir quelques fleurs. Un beau bouquet qu'elle arrange avec soin et qu'elle dépose sur la table de la salle à manger. Elle prend une feuille et un stylo et de sa plus belle écriture rédige un petit mot qu'elle dépose près du bouquet de fleur. Pour finir, elle prend son sac à main. Elle coupe la musique. Elle regarde une dernière fois sa maison avant de refermer la porte derrière elle. Quand il rentrera, il trouvera une maison propre et bien rangée, un beau bouquet et un bout de papier où il est écrit « Je t'aime et je te quitte. ». Elle, elle sera loin. Aline Lourtie 06/04/2025

  • Smile

    3h30. Quelques lampadaires éclairent la ville calme et silencieuse. Perdue dans ses pensées, elle marche. Encore une nuit d'insomnie. Cela fait plusieurs mois maintenant que cela dure. Elle a tout essayé : les médicaments, les plantes, l'hypnose, la méditation,... Rien ne calme cette sensation d'étouffement quand elle se réveille en pleine nuit. Alors, elle enfile son manteau et elle va prendre l'air. Elle aime errer dans cette ville sans bruit où tout semble immobile. Marcher lui a toujours fait du bien. Chaque pas, lui vide l'esprit pour faire place à son imagination. C'est lors de longues promenades dans les bois qu'elle a eu l'idée de ses plus beaux romans. Ceux qui l'ont rendue célèbre. En trois ans, elle a publié six romans. Tout lui coulait des mains. Sans effort. Les personnages, les situations venaient à elle. Elle n'avait plus qu'à les coucher sur le papier. Et puis, un jour, la panne. Elle s'est retrouvée devant son écran et là... Rien. Le vide. Le néant. Un gros trou noir. Le syndrome de la page blanche qu'ils disent. Ne supportant plus la pression de son éditeur, elle a choisi de le quitter. Depuis, elle n'écrit plus et elle erre dans la nuit espérant calmer ses angoisses et retrouver l'inspiration. Oui, retrouver cette flamme, ces petits papillons, cette sensation de vibration, de pétillement au creux de son ventre. Cela fait longtemps que cela a disparu. Elle ignore pourquoi. Elle n'est pourtant pas malheureuse. Mais elle n'est pas non plus heureuse. Une sorte de lassitude s'est installée en elle, de la résignation. Elle a fini par accepter de ne plus rien ressentir ni joie, ni colère, ni tristesse. Juste de l'indifférence. Elle se sent vide de toutes substances, coincée dans une carapace lourde et étroite. C'est pour cela qu'elle étouffe et qu'elle a besoin de prendre l'air. Elle arrive à la Grand Place et s'assied sur un banc. Le métal est froid. Elle frisonne. Elle s'allume une cigarette. Elle avait arrêté de fumer depuis plus de sept ans. Elle a craqué. Étrange de se dire qu'un des seuls remèdes pour calmer sa sensation d'étouffement est de s'enfumer les poumons. Cela frise presque le ridicule. Mais cela l'apaise. Tenir une cigarette diminue le tremblement de ses mains et les occupe. Quand elle fume, elle retrouve une certaine contenance. Elle s'imagine être une grande star de cinéma. Une femme plein d'assurance et de confiance. Elle sort son téléphone. 4H30. Elle ne remarque pas la longue silhouette qui s'approche et qui vient s'asseoir à côté d'elle. « Bonsoir » dit-il. Elle sursaute légèrement et se retourne vers l'homme. « Bonsoir ». «Il fait doux ce soir, vous ne trouvez pas ? » « Oui, il fait doux » « Insomnie ? » « Oui » Un silence s'installe entre eux. Elle n'ose pas le regarder. Elle a une étrange sensation. Cet individu la trouble. Mais elle ne se sent pas en danger. Sa voix lui semble familière. « Auriez-vous du feu ? » « Oui, tenez » Elle lui tend son briquet allumé. L'homme se penche vers elle pour y brûler sa cigarette. Un bref instant, sa main effleure la sienne. Cela la trouble davantage. Quand il se redresse, elle peut sentir son parfum. Un parfum à la fois fort et délicat. Quelque chose de boisé et de fleuri. Elle reconnaît ce parfum. Non, ce n'est pas possible. Cela ne peut pas être lui. Pourtant, cette voix, ce parfum,... Les souvenirs lui sautent en pleine figure. Sa gorge se noue. Elle se remémore cette période qu'elle pensait avoir oublié. Elle revoit cette jeune fille de 15 ans assise sur un banc. Cette jeune fille triste et solitaire. Celle qui se croyait folle, que personne ne voyait, que personne n'entendait. Celle qui avait la solitude pour seul refuge. Celle qui essayait vainement de rentrer dans un moule, d'être comme toutes les autres filles. Celle qui se demandait parfois si tout cela avait du sens et si quelqu'un remarquerait son absence si elle disparaissait là tout de suite. Cette jeune fille dont les larmes inondaient les joues. Ce jour-là, un homme s'est assis à côté d'elle, comme ce soir. Elle ne se souvient ni de son physique ni de la couleur de ses yeux ou des ses cheveux. Elle ignore son nom. Par contre, elle se souvient parfaitement de son parfum quand il s'est assit près d'elle. Elle se souvient de son regard si tendre et rempli de douceur. Elle se souvient du contact de sa peau quand il a posé sa main sur la sienne, de cette sensation de chaleur qui a envahit tout son corps. Elle ne se rappelle plus ce qu'il lui a dit. Mais elle se souvient du son de sa voix et du dernier mot qu'il lui a murmuré avant de se lever et de s'éloigner. Elle est restée là, sans bouger, une sourire au coin des lèvres, toujours avec cette douce chaleur qui emplissait tout son corps. Cela n'a duré qu'un bref instant. Elle ne l'a jamais revu. Ce pourrait-il que se soit lui qui soit assit à côté d'elle ce soir. Sortie de ses souvenirs, elle décide d'en avoir le cœur net. Quand elle se tourne vers lui pour lui adresser la parole, il a disparu. Elle regarde autour d'elle. Aucune trace de l'inconnu. Était-ce réel ou bien le fruit de son imagination ? Elle regarde l'heure sur son téléphone. 4H41. A peine quelques minutes se sont écoulées. Elle a sûrement dû rêver. La fraîcheur du vent qui se lève la fait frissonner. Il est temps de rentrer. Durant tout le trajet, elle essaye de se persuader que tout ceci n'a pas existé. Arrivée devant chez elle, elle fouille les poches de son manteau pour trouver ses clés. Sa main droite reconnaît la sensation de métal de son trousseau mais il y a autre chose. De sa poche, elle tire un papier plié en deux. Elle ne se souvient pas avoir mis de papier dans sa poche. Elle le déplie et lit. Une sourire apparaît sur son visage, une chaleur intense envahit son corps, des papillons chatouillent le creux de son ventre. C'était donc bien lui. Elle en a la preuve maintenant avec ce bout de papier sur lequel est écrit le même mot qu'il lui a susurré il y a plusieurs années. Ça y est. C'est à nouveau là. Elle le sent. Cela parcourt tout son corps. Elle s'installe à son bureau et commence a écrire : « Smile ». Ce dernier mot qui deviendra le début d'une nouvelle histoire de vie. Aline Lourtie 30/03/2025

  • Mon amie La Solitude

    Solitude aimée, A tes côtés, j'ai arpenté Des sentiers tortueux Des chemins délicieux. Je me suis remplie De ta douceur, Chère Amie. Je m'éloigne de toi en ce jour. Pourtant, je t'aime toujours. Attirée vers d'autres contrées, En quête de nouveautés, Je n'ai pas peur de te quitter. Je sais que je peux te retrouver. Te quitter pour mieux rencontrer. Pour mieux aimer. Aline Lourtie 22/02/2025

  • Retours d'un Voyage Aquatique

    Aller à la rencontre de l'eau. Me laisser (em)porter par elle. Sentir mon corps souple et léger. Libérée de tout poids, de toute pesanteur. M'abandonner au mouvement fluide de l'eau. Elle m'invite à danser avec elle. Mon corps ondule dans et sous l'eau. M'immerger, revenir à la surface, m'immerger à nouveau. Chaque immersion appel au lâcher-prise, à l'abandon. Dans ces moments de suspension, je ressens l'immensité de la vacuité. Chaque retour à la surface est un nouveau souffle de vie. Comme une (re)naissance. Je suis En Vie. Je me sens appelée par les profondeurs. Une voix, comme un écho, qui m'invite à descendre encore un peu plus. Plonger pour aller à ma rencontre. Plonger pour me reconnecter à ma propre Essence. Plonger pour me retrouver. Retour à la Source. Je savoure chaque minute de ce voyage immersif au Coeur de l'Eau. J'ai pu aller à la rencontre de l'eau grâce à ce merveilleux guide qu'est Jean-Marc. Je me suis sentie accompagnée, en confiance et en parfaite sécurité. Merci pour ce beau Présent et de m'avoir permis de découvrir un peu de ton si bel univers. Aline Lourtie 25/01/2025 Voyage Aquatique avec Jean-Marc Henry de Au-delà de l'Eau

  • Les souvenirs dans la brume

    Assise sur ma terrasse, je me suis perdue dans la contemplation de la brume. Mes pensées, comme souvent, se sont envolées vers toi. Je te sentais à la fois si proche et si loin de moi. Je me suis souvenue de ce jour, il y a 4 ans où, suite à un coup de téléphone, mon coeur s'est fracturé, je me suis écroulée. Sidérée, je n'arrivais pas à comprendre que tu ne sois plus là. Le temps a estompé quelque peu la douleur mais il n'a pas comblé le vide. Les années passent, les souvenirs s'estompent. Pourtant, je pense encore souvent à toi. Lors des moments importants qui ont jalonnés notre histoire mais pas seulement. Parfois, il me suffit de fermer les yeux pour voir ton visage, pour me plonger dans tes beaux yeux bruns qui pétillent, pour voir ton sourire malicieux qui reflète ton âme d'enfant, pour entendre ta magnifique voix chaleureuse et ton rire si franc. Les derniers temps, nos chemins se croisaient de moins en moins souvent. On ne se voyait qu'en de rares occasions. Peut-être 3-4 fois par an pas plus. Pourtant, tu me manques toujours. C'est un peu étrange la vie sans toi. Certains souvenirs me font sourire, d'autres me font pleurer. Il y a des lieux où je ne peux plus me rendre. Sans toi, ces lieux n'ont plus de saveur. Parce que, oui, nos rencontres étaient rares mais elles étaient savoureuses, tendres et pétillantes. Je me sentais tellement bien en ta présence. Les souvenirs font parfois place aux « Et si.. ». J'imagine tout ce que nous aurions pu faire si tu n'étais pas parti. J'aurais aimé que tu me dirige dans mon jeu de comédienne. J'aurais aimé que tu viennes me voir jouer. J'aurais aimé que tu lises mes pièces. J'aurais aimé continuer à venir te voir sur scène. J'aurais aimé que tu me parles de tes projets, t'écouter jouer et chanter. Parfois, j'magine que nous aurions pu former un duo. Nous aurions pu écrire et jouer ensemble. A mon avis, ces moments auraient été riches de fous rire et aussi de disputes. Nos deux mauvaises foi qui se rencontrent, cela aurait fait des étincelles. Je nous imagine toujours aussi complices. Il n'y aura pas de duo, plus de complicité, plus de disputes, plus de fous rire, plus de moments partagés. La vie en a décidé autrement. C'est ainsi. Tu restes dans mon coeur et je continuerai à t'écrire et à chanter pour toi. Je continuerai à célébrer notre belle amitié et les moments vécus. Je continuerai à rendre hommage à l'homme merveilleux que tu étais. Je continuerai à me souvenir de notre incroyable et improbable rencontre, de cet instant où nous nous sommes perdus dans les yeux l'un de l'autre et où nous avons su. C'était évident. Je continuerai de fermer les yeux pour te sentir à côté de moi, regarder ton visage, entendre ta voix et voir ton sourire. Et du fond de mon coeur, je continuerai à remercier le destin de t'avoir mis sur mon chemin et d'avoir pu vivre tous ces moments de vie avec toi. Où que tu sois, mon ami, je continue de t'aimer et je ne t'oublie pas. Merci pour ce que tu as été. Aline Lourtie 19/01/2025

  • Qu'est ce qui coule sur mes joues ?

    Qu'est ce qui coule sur mes joues ? Quelques perles d'eau au creux desquelles se nichent des douleurs physiques. Celles qui viennent perçer ma poitrine comme des flèches. Elles contiennent aussi les souvenirs de rupture, de rejet, d'abandon, la trahison. Elles sont l'expression de ma tritesse. Elles viennent laver mes yeux pour me permettre de percevoir qu'elles sont aussi le reflet de l'émerveillement. Elles scintillent de joie. Dans ce scintillement, je peux voir les amitiés et les amours sincères. Il y a aussi la confiance. Confiance en moi et confiance que les autres ont en moi. Elles sont l'expression du vide laissé par les proches partis trop tôt et aussi le bonheur de les avoir rencontrés et pu faire un bout de chemin à leur côté. Dans ces perles transparente, se trouve ma propre reconaissance. Ce moment où je regarde le chemin parcouru et où je me dis que je suis fière de moi, de mes choix. J'ai réussi à traverser certaines angoisses et certaines peurs. J'ai osé croire en ce qui était juste pour moi. Ce sont des bijoux d'abondance. Oui, je suis comblée. Heureuse d'être là où je suis, de m'investir dans des projets qui m'animent, d'être si bien entourée, de me sentir en sécurité et de savoir que chaque moment qu'il soit joyeux ou douloureux sera vécu, que cela sera un nouvel apprentissage. Chaque perle qui coule sur mon visage est un hommage à toutes les personnes qui ont croisé mon chemin : celles que j'ai aimées, celle que j'ai blessées et qui m'ont blessée, les ami/es, les amours, la famille de sang et celle de coeur, les collègues, les mentors. Chaque perle, c'est toi, toi, ou encore toi. C'est vous. Ces toutes petites perles d'eau qui scintillent glissent sur mes lèvres. Je peux les goûter. Elles ont un petit goût salé. Elles ont le goût de tout ce que je vis. Alors, merci pour ses larmes qui me rappelle la beauté de la Vie. Aline Lourtie 12/12/2024

  • "Oui, mais" Expression favorite de l'auto-saboteur

    Deux mots. Deux petits mots. Deux mots qui paraissent si simples, si inoffensifs. Deux mots qui n'ont l'air de rien et qui, pourtant, sont lourds de sens. Derrière ces deux petits mots se cachent tellement de peurs et d'obstacles. « Oui, mais », c'est l'argument préféré de l'auto-saboteur... Ah... l'auto-saboteur... Mon personnage préféré. Celui qui ne me quitte (presque) jamais. Celui qui me permet de me planquer dans mes fausses certitudes. Ce personnage, tellement jaloux, qu'il fait tout pour me garder uniquement pour lui. Sortir de ma zone de confort.... Surtout pas, cela reviendrait à le mettre de côté. Alors, forcément, cet auto-saboteur, met en place des stratégies pour ne surtout pas que je m'éloigne. Quand je suis tentée de changer, de découvrir d'autres choses, de faire de nouvelles expériences, il est là pour me rappeler à l'ordre et me dire « Oui, mais ». « J'ai envie d'écrire. Oui, mais je n'ai pas le talent nécessaire» « J'ai envie d'entrer en relation amicales et/ou amoureuses. Oui, mais je ne suis pas assez bien. » « J'ai envie de développer mon activité professionnelle. Oui, mais je ne suis pas légitime» « Oui, mais », c'est la porte ouverte à toutes les excuses possibles et imaginables pour ne surtout pas faire un pas en avant : les autres, le temps, l'argent, mon manque de confiance, la météo, la conjoncture de Mercure qui rétrograde, une nouvelle série sur Netflix,.... Tout est bon pour me justifier de rester coincée. C'est aussi un bon pretexte pour me morfondre sur moi-même et me dire que je n'y arriverais jamais, que je ne suis pas assez bien et que franchement, cela ne vaut même pas la peine d'y aller. A quoi bon... A force de me cacher, je deviens invisible. C'est ma croyance donc je fais en sorte de la créer pour me prouver à moi-même que j'ai raison de penser que je suis nulle et que je ne vaut pas la peine. Les personnes que je rencontre finissent par me remplacer en me disant « T'es une chouette fille MAIS... ». Le cercle vicieux s'installe lentement et sûrement. Je ne serais jamais assez bien aux yeux des autres. Il a toujours quelqu'un qui passe avant moi. Je passe toujours au second plan. Ben oui... normal... puisque je n'arrive pas à me mettre au premier plan, il y a toujours un « MAIS » pour m'eclipser. « Oui, mais », c'est un boulet accroché à mes chevilles que je traine péniblement derrière moi. « Oui, mais », c'est la somme de toutes mes peurs, de toutes mes croyance débiles et limitantes, toutes les comparaisons qui n'ont aucune raison d'être, toutes mes culpabilités, toute mon ignorance. « Oui, mais », c'est de la lâcheté. Tout simplement. « Oui, mais », c'est une belle prison dorée construite par mon auto-saboteur dans laquelle je me suis enfermée. Je suis à la fois la victime et mon propre bourreau. De temps en temps, il m'arrive de me mettre en mouvement. Comme une pulsion de Vie qui vient me pousser dans le dos. Et là, je fonce sans me poser de question. J'y crois. J'y vais. C'est tout. De là nait de magnifiques voyages dans le monde, des projets qui me portent et auxquels je crois, des rencontres incroyables, des moments intimes avec moi-même, de grandes joies, de la folie et aussi beaucoup de confiance. Cela dure un temps. Et puis, mon auto-saboteur vient à nouveau frapper à la porte. En plus de me saboter, il me fait culpabiliser d'avoir réaliser de belles choses. Ben oui... j'ai osé me mettre en avant, j'ai osé exister. Maintenant, il est temps de s'effacer, de laisser place aux autres, de s'écraser et de nouveau de ne plus bouger pour ne pas déranger. « Oui, mais », « Oui, mais », « Oui, mais », « oui, MAIS », « oui, MAIS », « oui, MAIS », « oui, MAIS » !!!! Cela devient mon mantra que je me répète sans cesse à longueur de journée. Ca pèse, c'est lourd, cela me coupe de tout et de tout le monde. Je vis retranchée dans mon espace de sécurité dans lequel je finis par étouffer. A force de répéter ce mantra, il s'inverse. Et si... Si au lieu de dire : « j'ai envie d'écrire. Oui, mais je ne me sens pas capable », je disais : « je ne me sens pas capable. Mais oui, j'ai envie d'écrire. » La dynamique est peut-être déjà différente. Je me sens nulle mais je vais quand même essayer. C'est mieux. Il y a comme une lueur d'espoir, une envie de se mettre en mouvement. MAIS, soyons honnête, l'auto-saboteur n'est pas loin. C'est juste un tour de passe-passe pour faire diversion. Cela peut fonctionner un temps mais pas sur le long terme. Surtout si derrière le « mais oui » se cache un « il faut » ou « je dois ». Là, j'arrive carrément dans une zone de déni où je me fais croire que je contrôle mon auto-saboteur et que je suis libre alors que je m'enchaine encore davantage. Tout devient obligation. Tout est forcé. Comment faire pour sortir de ce cercle vicieux ? Déjà prendre conscience du problème. Sentir le figement, l'inconfort. Ok, je m'auto-sabote . Qu'est ce que je fais ? J'ai le choix : celui de rester dedans, de ne rien faire et celui de me mettre en mouvement même si c'est difficile et que cela fout la trouille. Les « il faut » et « je dois », deviennent des « je choisis de » et le « oui » se détache du « mais » et devient un mot de confiance et d'audace qui ne cache plus rien. Oui, je choisis d'y aller. J'ose y aller. J'ose avancer. Je vais certainement me prendre des murs, des portes en pleine figure. Je vais certainement tomber, me faire mal (et faire du mal). Je vais certainement me sentir en échec, voir des projets échouer. Oser, c'est prendre le risque d'expérimenter la douleur, l'échec, le jugement, le rejet. Oser, c'est aussi me donner la chance de réussir. C'est me donner une chance de m'exprimer, de vivre mes envies et aussi de rencontrer les autres. C'est aussi me donner l'opportunité de changer d'angle de vue, de prendre une nouvelle place, de ne plus me limiter. De me rendre compte que, la plupart du temps, quand je suis alignée avec ce que je fais, avec ce que je vis, ce n'est pas le rejet que j'expérimente. Au contraire, je vois que ma lumière rayonne et met en lumière d'autres personnes. Quand je vois ma propre valeur, les autres la vois également. Quand j'ose me montrer, les autres me voient. Je ne suis plus invisible, j'existe et souvent, les autres me rémercient d'être là, de vivre avec eux. Quand j'ose m'accepter, je suis acceptée et aimée. Il n'y a pas de « mais » qui tienne (au « oui ») et mon auto-saboteur peut aller se recoucher. Et si aujourd'hui, nous faisions tous une chose qui nous permet d'avancer et de sortir de l'auto-sabotage, que ferais-tu ? Aline Lourtie 08/12/2024 Une vidéo amusante sur le sujet - "Et Tout le monde S'en Fout épisode #64  - l'auto-sabotage"

  • Double "Je"u

    Double "Je"u Ce matin, je donne cours de yoga tantrique. Je remplace mon enseignante. Je me mets dans la peau de la yogini: calme, présente, à l'écoute, douce, alignée, méditative. Je suis en lien avec les vibrations, l'énergie, le silence, le vide. Puis, je switch. J'enlève ma tenue de yoga pour enfiler mon jeans, ma belle veste et mes talons. Mon zafu et mon mala laissent place à mon smartphone et mon ordi. Je quitte ma campagne direction Bruxelles. Les 6 élèves de l'ateliers sont remplacés par 150 étudiants de l'IHECS. Me voilà dans la peau de "la femme d'affaire": celle qui assure, confiante, rigoureuse, organisée, élégante. Deux parts de moi (parmi tant d'autres), deux opposées, deux postures différentes. Différentes? Opposées? Extérieurement, oui, peut-être. Intérieurement, pas du tout. La "femme d'affaire" soutient la yogini en lui donnant la confiance et l'assurance nécessaire pour donner cours. La yogini soutient la "femme d'affaire" en lui apportant calme et alignement. Deux énergies: celle du Ciel et celle de la Terre. Le spirituel et le matériel qui se rejoignent en un seul point, celui du Coeur. Au final tout se confond, tout se mélange pour ne former qu'une seule et même chose. Deux énergies qui fusionnent dans un seul et même but. Celui d'honorer et de représenter ceux/celles qui me font confiance. D'honorer deux projets qui me tiennent à coeur. D'honorer toutes les parties de moi qui ne forment qu'un seul et même Être. Aline Lourtie 06/12/2024

  • Tu es ma plus belle histoire

    Tu es le premier. Tu es celui que j'aime depuis toujours. Mais j'ai eu peur. J'ai essayé de te quitter, de m'éloigner. Je t'ai trompé en passant d'un projet à un autre. J'ai cru que je pouvais t'oublier. Ca n'a pas fonctionné. Tu n'étais jamais très loin de moi. Sans cesse, je revenais timidement vers toi. Avant de reculer à nouveau. Finalement, j'ai décidé de faire un vrai pas vers toi. De commencer une nouvelle histoire. De me dire que c'était encore possible. Qu'il n'était pas trop tard. Depuis, que je suis revenue vers toi, Je ne dors presque plus. Je passe mes nuits à écrire. Tu es dans mes rêves. Je ne mange presque plus. Je n'en ressens plus le besoin. Je n'arrive plus à me concentrer. Je ne pense qu'à toi. J'ai juste envie de partir. Rien que toi et moi. Nous retrouver dans un chalet paumé au milieu des bois. Où je pourrais écrire, tout déballer, tout dévoiler, tout dire. Je sais qu'avec toi je peux être qui je veux. Avec toi je peux m'exprimer, rire, pleurer, dénoncer, crier, clamer, dénoncer, choquer. Depuis que je suis revenue vers toi. J'ai retrouvé toutes les parties de moi. Je me sens entière et pleine de vie. Pourtant, j'ai peur. Oh oui, tellement peur de ne pas être à la hauteur. Tellement peur de me tromper. Tellement peur de me rendre compte que tout cela n'était qu'une illusion. Tellement peur de réaliser que ce n'était pas le bon chemin. Tellement peur de devoir te quitter pour de bon. Tellement peur de devoir renoncer. J'ai aussi envie d'y croire. Car tu fais partie de moi. Tu es dans chacune des cellules de mon corps. Je te sens dans mon ventre, dans mon coeur, dans ma tête, dans mon sang, dans mes mains, dans ma gorge, dans ma voix, dans mon bassin, dans mes jambes, dans mes pieds. Je ne sais pas où notre histoire va nous mener. Je sais juste que j'ai envie d'y croire et d'oser y aller. Car tu es ma plus belle histoire. Aline Lourtie Hommage au théâtre 27/11/2024

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