top of page

147 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimon - Exercice d'écriture automatique.

    Ci-dessous, les mots qui me sont venus lors d'un exercice d'écriture automatique. Après une courte méditation, j'ai laissé coulé les mots sans me préoccuper du sens ou du style. J'ai juste aligné les mots sur le papier puis je les ai écouté. Tout bascule.Equilibre. Perte d'équilibre. Reconnaissance et liberté. Rosaire. Cygne. Renard. Randonnée. Promenade. Liberté. Douceur. Trésor. Pelouse. Verte. Fruit. Récolte. Douceur. Jus. Nectar. Délices. Découverte. Onctuosité. Fragilité. Déterminée. Intuition. Equilibre. Déséquilibre. Mouvement. Dansant. Chantant. Réalité ou rêve. Destruction. Création. Rêve. Douceur. Etérenité. Rituel du feu. Shiva et Shakti. Trêve. Pause. Je me dépose. Je frissonne. Je vois. Je sens. J'entends. Equilibre. Balancement. Hérédité. Fierté. Pudeur. Douceur. Négligence. Culpabilité. Croix. Dieu. Déesse. Désir. Espoir. Desespoir. Au revoir. Amitié et Amour. Inconditionnel. Liberté. Respect. Entraves. Douceur. Noir. Couleur et blanc. Rose. Fleur. Blé. Renard. Oiseaux. Chant. Danse. Mouvement. Cercle. Ronde. Entourée de. Création. Libération. Vent. Liberté. Trésor. Je vole. Je suis. Tu es. Nous sommes. Je t'aime. Toi non plus. M'aimes-tu ? Me désires-tu ? Crois-tu en moi ? Crois-tu en nous ? Quelles sont tes peurs ? Arriveras-tu à les dépasser ? Quelle est ta plus grande crainte ? Risque, ose, sois audacieux. Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons. C'est tout ce qui compte. Depuis la nuit des temps, je suis là pour toi. Tu es là pour moi. Nous nous aimons. Respect. Liberté. Engagement. Pourquoi as-tu peur de t'engager ? Pourquoi as-tu peur d'être rejeté ? La peur du risque est plus grande que l'envie d'y gouter. Et pourtant... Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons. Qu'est ce qui nous empêche de vivre, de goûter à ce nectar délicat, aux délices de l'Amour, aux mouvements de nos corps. Abandonnons-nous à nous. Abandonnons-nous à l'Amour, à notre amour. Croyons en nous. Ayons la Foi que tout sera parfait quoiqu'il arrive. Croyons si fort en nous que rien ne pourra nous détruire. Nous avons tout à construire ensemble. Croyons en nous. Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons. Soyons merveilleux, délicats, respectueux, deux, audacieux. Ayons l'audace de suivre notre élan d'amour, de rêve. Osons. Vivons. Avançons. Osons prendre le chemin de lumière. Peu importe ce qui nous arrive, nous l'aurons fait. Nous aurons vécu. Vivons. Osons. Soyons audacieux. Goûtons ce nectar qu'est la vie. Osons. Croyons. Vivons car je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons et c'est tout ce qui suffit. C'est suffisant. C'est juste. Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons. Avec toi, j'ai envie de jouer, de danser, d'Être avec toi à te regarder vivre, à t'écouter respirer. Sentir l'odeur de ta peau. Osons. Vivons. Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons. Osons. Vivons. Avant que la mort nous sépare, avant que le vide nous détruise. Est-ce que la mort peut nous séparer ? Est-ce que le vide peut nous détruire ? Non, car mon amour pour toi va au-delà. Il est plus grand, plus lumineux. Il n'est pas un amour physique ou émotionnel. C'est un Amour de l'Âme. Mon âme est tombée amoureuse de la tienne. Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons au-delà de tout. Osons, Vivons avant que l'indifférence creuse le fossé, avant que l'indifférence n'engloutisse nos rêves. Seule l'indifférence, le déni, la peur de nous, la peur de nos sentiments, la peur de cet amour tellement grand peut nous séparer. Ne soyons pas malheureux de nos absences. Soyons heureux ensemble. Pour un jour, une semaine, un mois, un an, une vie, une éternité. Peu importe la durée. Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons. Brisons cette barrière de peur, cette vitre d'effroi qui empêche nos mains de se toucher, qui empêche nos lèvres de s'effleurer, qui empêche nos corps de se rejoindre. Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons. Aline Lourtie Ecriture automatique Zoom du 14/06/2023

  • L'impermanence de la Vie

    5h30, dans un demi sommeil, une histoire se crée dans ma tête. Ce n'est pas la première fois que des personnages viennent à moi dès le réveil. Je me lève pour écrire. La plupart de mes textes naissent d'un sentiment, de sensations, d'émotions que j'ai ressenti, d'expériences que j'ai pu vivre. J'écris souvent en « Je ». Soit je suis moi-même le personnage principal de l'histoire soit mon héroïne me ressemble quasi en tous points. J'aime toucher, émouvoir le lecteur. J'abuse souvent du mélo-drame pour obtenir cet effet. C'est devenu une blague avec certains amis. Je suis « celle qui plombe l'ambiance ». Mélo-drame, ambiances parfois lourdes mais il y a toujours une pointe d'espoir. Mon côté « bisounours » reste malgré tout. Je donne une version un peu édulcorée. Comme si je n'arrivais pas à parler du sujet de manière brut, tel quel. C'est toujours subtil, un peu détourné. Aujourd'hui, c'est différent. Ce n'est pas comme les autres fois. L'énergie est différente. L'histoire, le personnage, l'ambiance... Ce n'est pas comme d'habitude. Mon personnage principal est une femme. Elle a mon âge. Ce sont nos seuls points communs. En dehors de cela nous sommes presque à l'opposé l'une de l'autre. Son histoire, je ne l'ai pas vécue. C'est une des première fois que j'écris sans savoir, juste en imaginant ce que cela peut être de vivre cette situation. Certains aspects sont suggérés. C'est un effet de style que j'apprécie car il laisse une part d'imagination aux lecteurs. La violence est pourtant là. Pas de happy end cette fois-ci. Pas même un soupçons d'espoir ou une volonté de retourner le négatif en positif. Je relis mon texte. Je suis touchée par cette violence. Je m'en étonne moi-même. Je sens que c'est difficile d'aller jusqu'au bout. Je ressens comme un dégoût, de la tristesse. Je ne sais pas exactement ce qui est là. C'est inconfortable. J'en viens même à me demander si j'arriverai à le lire devant d'autres personnes. Est-ce vraiment moi qui ai écrit cela ? Moi qui, hier encore, parlais d'amour bienveillant et de douceur envers moi-même et les autres. Comment en suis-je arrivée à écrire sur la fusillade du Bataclan ? Comment en suis-je arrivée à imaginer mon héroïne se faire tirer une balle dans le cœur ? Avais-je des comptes à régler ? Avais-je de la colère en moi que je devais libérer d'une certaine manière ? Même pas. Je ne ressens aucune colère, aucune rage, aucune violence. J'ai passé la matinée à me demander « pourquoi ? ». « Pourquoi me réveillée avec cette histoire d'attentat ? ». « Pourquoi décrire cette violence ? ». «Y a-t-il un message caché derrière tout ça ? ».   En écrivant ce texte, je me suis reliée aux victimes du Bataclan, aux familles aux proches. J'ai essayé d'imaginer, de ressentir même si c'est inimaginable. J'ai été envahie par la tristesse et j'avais la peur au ventre. Un sentiment fort et en même temps j'en étais détachée. Puis, je ressens une sensation de paix et d'apaisement comme si, à travers cette violence, quelque chose c'était refermé, comme si j'avais fais un deuil. Cette histoire me ramène à l'impermanence de la vie. C'est un message que je me suis fait passé à moi-même : « et si cela avait été toi ? ». Tout est impermanence, tout à une fin. C'est difficile d'imaginer que la vie peut s'arrêter là maintenant. Surtout quand on a 35 ans et encore tellement de choses à vivre. Quelles seraient mes dernières pensées si je devais mourir demain ? Aurais-je des regrets ? Aurais-je peur ? La vie est précieuse. Il est important d'essayer de ne pas remettre à plus tard, de suivre ce que nous dit notre cœur, de dire aux gens que nous les aimons, de pardonner, de ne rien garder comme rancœur, de suivre nos rêves pour qu'à l'heure du départ nous puissions partir sans regrets. Pour terminer ce texte par une petite touche « bisounours », je vous envoie beaucoup d'amour, de douceur et de tendresse. Et je vous souhaite de vivre votre vie pleinement. Aline Lourtie 08/06/2023

  • Donner et recevoir

    « Donner » et « recevoir », deux mots qui reviennent souvent dans ma vie que cela soit dans le cadre de mes formations, de la danse, de la thérapie, de lectures ou dans d'autres espaces. Pourtant, je ne me suis jamais vraiment interrogée sur cette question. Suite à ma formation de ce matin, l'envie d'aller plus loin, d'amener une réflexion, de l'écrire, de la déposer, de la laisser là et de voir ce qu'il se passe, le chemin qu'elle va faire dans ma tête, dans mon corps et dans mon cœur. C'est quoi « donner » ? En fait, je ne sais pas. Je n'ai pas de définition. Il y a tellement de façon de donner. C'est assez simple pour moi de donner. D'abord, je donnais pour mieux recevoir en retour. Donner me permettait d'avoir la sensation d'être aimée. Il y avait toujours une attente, une dette tacite derrière mon don. Était-ce donc vraiment un don ? Aujourd'hui, j'apprends à me détacher de cela. Je suis moins dans le don/contre don même si ce n'est pas toujours évident. J'apprends. J'expérimente. Je vois que je suis capable de donner du temps d'être là pour les autres sans pour autant être en attente de quelque chose. Je le fais parce que cela me fait du bien, parce que cela me nourrit, parce que je sens que c'est juste. Oui, donner, c'est facile. Surtout quand il s'agit de donner à des proches. Quid des personnes que je ne connais pas ? Suis-je capable de leur donner autant qu'à ceux qui me sont chers ? Quid des personnes qui m'ont blessée ? Suis-je capable de leur pardonner ? Pas toujours. Mais là aussi, j'apprends, j'expérimente et je constate que j'en suis parfois capable. L'ouverture est là. Je donne du temps, de l'argent, des cadeaux, une présence et parfois de l'amour. Mais suis-je vraiment capable de donner ? Est-ce cela donner ? A la réflexion, peut-être n'est-ce pas suffisant. Car dans le don, il y a encore de la retenue. Pourquoi est-ce facile pour moi de donner ? Parce que que je « contrôle » mon don. Je choisis de donner et je donne dans une certaine mesure. Je donne ce que j'ai envie à ceux que j'ai envie. Il y a certaines parts de moi que je ne donne pas aux autres. Celles-là me sont réservées. Elles m'appartiennent et je ne les partage pas. Dans le don, je peux aussi choisir de donner plus ou moins : Je donnerai plus à l'un et moins à l'autre. Donner en contrôlant, en choisissant, en privilégiant est-ce vraiment donner ? Quid de recevoir ? Ça c'est une autre histoire... Recevoir c'est compliqué. C'est même une notion paradoxale : je suis en attente de recevoir (recevoir de l'amour, de l'attention, de la reconnaissance) et en même temps je m'y refuse. Lorsque je reçois, j'ai tendance à rejeter. Autant j'arrive à me libérer de la notion de don/contre don quand il s'agit de donner, autant dans le sens inverse c'est difficile. Si je reçois, je dois rendre en retour. Apparaît donc la notion d'obligation, de dette. Je suis incapable de juste recevoir. Pourquoi cette difficulté ? Je pense qu'il y a plusieurs choses. Tout d'abord un manque de reconnaissance de moi envers moi : je ne suis pas digne d'être aimée, je ne suis pas digne de recevoir. Comme je ne suis pas digne, je dois faire quelque chose en retour pour «justifier » le don que j'ai eu, me déculpabiliser. Et puis il y a une difficulté bien plus grande, bien plus ardue à dépasser : celle de la vulnérabilité. Recevoir, pour moi, c'est synonyme de dépendance, de ne pas être capable, d'être faible. Si je reçois alors cela signifie que je ne peux pas m'en sortir seule, que j'aurais toujours besoin des autres. Autant de croyances débiles à déconstruire.   Lorsque je me retrouve en face d'une personne qui m'ouvre son cœur, qui donne sans attente, je sens mes protections flancher. Cela devient fragile. Mon corps tremble et résiste comme il peut. Je ne peux pas flancher, si je flanche, je laisse la personne « m'atteindre », « entrer en moi ». Si je n'ai plus mes barrières, cette personne me verra sans filtres. Elle pourra voir toutes mes ombres, mes vulnérabilités, mes fragilités, mes échecs, mes hontes. Je ne pourrais plus lui mentir, je ne pourrais plus me mentir. Je devrais accepter d'être nue devant elle, sans défense. Et ça c'est terrifiant ! Et si donner et recevoir n'était qu'un seul et même mouvement vers l'autre et vers soi? Et si c'était cela le véritable don de soi ? Et si le don de soi c'était accepter de me montrer telle que je suis, de casser la forme lisse pour laisser apparaître celle avec toutes ses aspérités ? Et si le don de soi c'était accepter de recevoir l'autre en soi, de le laisser voir tout ce qui se cache à l'intérieur ? Et si le don de soi c'était accueillir tout ce que l'autre peut m'apporter sans juger, sans attente, sans croyances, juste ressentir tout l'amour que cette personne souhaite me partager sans la rejeter, la mettre de côté, la repousser par peur de moi-même? Et si le don de soi, c'était de déposer les armes, d'enlever l'armure tout en acceptant de mettre mes limites? Et si le don de soi c'était offrir mon être authentique, vrai et imparfait ? Et si le don de soi c'était accepter de juste laisser mon cœur s'ouvrir, exister, aimer et être aimé? Petit clin d’œil à ma merveilleuse enseignante qui me guide sur la Voie du Cœur. Aline Lourtie Réflexion suite à la formation chez Ajna 02/06/2023

  • Tout n'est peut-être pas bon à mixer

    Sacré défi que je me lance : cuisiner pour 20 personnes, vivre 5 jours avec des adolescents belges et afghans dont je ne connais rien. Stressée ? Oui, un peu quand même. Mais, je me suis bien préparée. J'ai imprimé mes menus que j'ai mis dans une jolie farde en carton, les courses sont faites, j'ai mes horaires bien en tête. Bref, je me lance dans l'inconnu mais tout en gardant bien le contrôle. Du moins, c'est ce que je crois... Je viens à peine de décharger toutes les courses que j'apprends qu'il faut revoir tous les menus. Les afghans veulent cuisiner eux-mêmes et ne mangeront pas les plats que je me réjouissais de leur préparer. Aïe, ça pique... Je prends sur moi. Je peux dire au revoir à ma jolie farde en carton. Va falloir improviser, composer chaque jour de nouveaux menus en fonction de ce qu'il y a dans le frigo pour éviter le gaspillage et d'exploser le budget. Me voilà sous pression dès le premier jour. Je garde le cap malgré tout. Un jour, deux jours, trois jours,... la fatigue s'accumule, les problèmes, les difficultés, les crises et les tensions aussi. Pas facile l'interculturalité... Ce que je crois faire de bien à, parfois, tendance à se retourner contre moi et mes meilleures intentions sont parfois les pires. Je me retrouve comme une petite fille timide face à tous ces ados. J'ignore comment me comporter, j'ai peur, je doute, je redoute. Je contrôle ce que je dis, ce que je fais pour ne pas blesser, choquer, déstabiliser. Essayer de me rendre le plus invisible possible. Si l'on ne me voit pas, je ne peux pas faire de mal et ils ne peuvent pas me faire de mal. Protections activées : je regarde les choses de loin, je ne m'implique pas dans le groupe, je reste extérieur. Je suis épargnée et en même temps très seule. Jour 4, une nouvelle crise qui met tout le groupe sous tension. L'ambiance est lourde pour tout le monde. Après une belle frayeur suite à une casserole qui prend feu, un horaire de repas encore une nouvelle fois décalé pour cause de discussion, je sens le besoin de prendre encore un peu plus de recul. La colère monte... Surtout ne pas la laisser s'échapper. Je monte dans ma chambre. Chanter quelques mantras, méditer me fera sûrement du bien. Besoin d'exprimer ce qui est là. Cela me fait du bien mais je sens que je n'ai pas envie de redescendre. Si seulement, je pouvais rester seule dans ma chambre le reste du séjour. Ce n'est pas possible alors je prends une nouvelle fois sur moi et trouve le courage de rejoindre les autres. Quand j'arrive dans la cuisine, le repas est fini, et là, sur la table, les deux casseroles de nourriture que j'ai préparé sont intactes. Personne n'y a touché. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je n'en peux plus. Besoin de prendre l'air, de marcher, de courir. Je pleure, je râle, je suis triste, en colère. Je me sens aussi terriblement seule face à tout ça « Pourquoi je suis là ? » « A quoi cela sert tout ça ? » « Pourquoi je m'engage toujours dans les plans foireux ? » « Les afghans auraient pu cuisiner pour tout le monde tous les jours. Niveau budget, cela aurait été plus facile. Moi, je ne suis bonne qu'à ranger la cuisine et faire la vaisselle. » Et ça tourne et ça tourne... « Je ne suis pas faite pour vivre en collectivité. » « La mixité culturelle c'est pas pour moi. » Je me rends compte de ma position de jeune femme blanche, européenne et privilégiée. Je me rends compte à quel point il est difficile pour moi de m'adapter aux autres. Et là en marchant, je pense à ce fameux thème « tout n'est peut-être pas bon à mixer ». Eh oui, peut-être que c'est vrai... Peut-être que tout ceci n'est qu'une énorme erreur... Peut-être que je dois rester avec les gens qui me ressemblent, qui sont comme moi... Peut-être que je suis bien plus intolérante, fermée, raciste et élitiste que je ne le croyais. C'est dur à vivre, c'est dur à entendre. Je suis intolérante, raciste et élitiste et c'est merveilleux, pas sûr que j'arrive à assumer cela. Je rentre au gîte bien décidée à ne plus adresser la parole à personne. Il ne faut plus compter sur moi, la porte est fermée. Heureusement, les barrières lâchent à la simple vue de mon amie qui me tend les bras et m'accueille. Elle m'écoute et me rassure. Cela fait du bien. Notre amitié s'en trouve renforcée. Voilà un point positif. Jour 5, c'est le dernier, ouf. Vivement rentrer chez moi. Je suis épuisée. Dernière ligne droite avant la représentation des jeunes. Je redoute les pétages de plomb avec la montée du stress. Mais rien... aucune crise, aucun problème. Tout se passe à merveille. Le public est au rendez-vous. Cela fait plaisir à voir. Je découvre le spectacle des jeunes. Et là, je découvre tout ce qui était devant moi et que je n'ai pas vu. Je vois des jeunes adultes belges et afghans qui malgré toutes leurs différences forment un groupe soudé et uni. Je vois de la complicité, des sourires, de l'entraide. Je vois aussi leur stress, leur timidité, leur vulnérabilité mais aussi leur fierté d'être là tous ensemble. Je vois tous les liens qui se sont créés entre eux sans même que je m'en aperçoive. Je suis admirative et émue face à ces jeunes. Et là, je réalise que tout cela en valait vraiment la peine. Malgré toutes les galères traversées, la magie a opérée. Croyez-moi, passer au mixer c'est douloureux et bouleversant à la fois. On n'en ressort pas indemne. Mais cela créer un mélange beau et unique dont je suis fière de faire partie. Aline Lourtie 14/05/2023 Ecriture du Coeur Thème : « Tout n'est peut-être pas bon à mixer » Inspiré de la résidence MJ Music de Mai 2023

  • La Voix du Coeur

    Je t'offre mes sourires, mes joies, mes rires ; Je t'offre mes dons, mes talents, mes compétences, mon savoir-faire ; Je t'offre ma passion, mes envies, mes désirs ; Je t'offre mon courage, ma volonté, ma détermination ; Je t'offre mon temps et ma confiance ; Je t'offre mes mains pour prendre soin, mes bras pour t'enlacer, mes épaules pour te reposer ; Je t'offre mon regard pour te voir, mon ouïe pour t'écouter, mes lèvres pour t'embrasser ; Je t'offre mon corps plein de tendresse ; Je t'offre mes élans du coeur et mon amour ; Je t'offre aussi mes larmes, mes souffrances, mes blessures ; Je t'offre mes peurs, mes doutes, mes incertitudes ; Je t'offre mes défauts, mes paradoxes, mes contradictions ; Je t'offre ma colère, ma tristesse, mes frustrations, toutes mes émotions ; Je t'offre ma solitude ; Je t'offre mes masques, mes protections ; Je t'offre chaque écaille de ma carapace brisée ; Je dépose à tes pieds toutes ces peaux qui me recouvrent ; Et là, devant toi, juste recouverte par un voile de Soi, je peux accueillir et recevoir. J'accueille tes rires, tes joies, tes sourires ; J'accueille tes dons, tes talents, tes compétences, ton savoir-faire ; J'accueille ta passion, tes envies, tes désirs ; J'accueille ton temps et ta confiance ; J'accueille tes mains qui se glissent dans les miennes, tes bras autour de moi ; tes épaules qui se collent aux miennes ; J'accueille ton regard, le son de ta voix, tes lèvres; J'accueille ton corps contre le mien ; J'accueille tes élans du coeur et ton amour ; J'accueille aussi tes larmes, tes souffrances, tes blessures ; J'accueille tes peurs, tes doutes, tes incertitudes ; J'accueille tes défauts, tes paradoxes, tes contradictions ; J'accueille ta colère, ta tristesse, tes frustrations et toutes tes émotions ; J'accueille ta solitude ; J'accueille tes masques, tes protections ; J'accueille chaque écailles de ta carapace brisée ; J'accueille ton authenticité et Toi tout entier ; Donner OU recevoir ? Donner ET recevoir ? Donner sans espérer recevoir en retour ? Recevoir sans vouloir donner en retour ? Ces questions sont sans importance car je suis juste là pour AIMER. Aline Lourtie 10/04/2023 Inspiré d'une histoire traditionnelle suédoise « La princesse Aris et le dragon »

  • 35 ans

    Le 08 mars 1988 à 11h, avec 5 jours de retard, je pointais le bout de mon nez. J'ouvrais les yeux et découvrais le monde pour la première fois. Je suis reconnaissante et pleine de gratitude pour tout ce que j'ai déjà pu vivre sur cette Terre , pour toutes les personnes qui ont croisé mon chemin durant ces 35 ans. Je suis reconnaissante et pleine de gratitude pour mes parents, ma famille, mes amies et amis qui m'apportent leur amour. Je suis reconnaissante et pleine de gratitude pour tous les enseignements, toutes les prises de conscience, tous les apprentissages. Je suis reconnaissante et pleine de gratitude de me savoir entourée, aimée et choyée. Je suis reconnaissante et pleine de gratitude d'être en bonne santé physique et mentale. Je suis reconnaissante et pleine de gratitude d'avoir des rêves plein la tête et de me donner les moyens de les réaliser. Je suis reconnaissante et pleine de gratitude pour tous vos messages, appels, photos, vidéos qui sont venus remplir mon coeur de Joie. Je suis reconnaissante et pleine de gratitude pour le temps qu'il me reste à vivre (que cela soit court ou long). Et comme dans cette chanson de Serge Reggiani, quoiqu'il arrive, j'ai bien l'intention d'en profiter. "Le temps qui reste" - Serge Reggiani Aline Lourtie 08/03/2023

  • Mon bassin

    Après un long sommeil, mon bassin s'est réveillé. En miette, fracturé à force d'avoir été contracté. Pour éviter de sentir la douleur, j'ai fait en sorte de l'anesthésié. Le bassin c'est la joie, la lumière, l'énergie vitale, le plaisir, la sexualité, la maternité, la naissance, les peurs aussi. Bref, tellement de choses que je ne voulais pas voir. Alors oui, ne pas sentir mon bassin c'était plutôt confortable. Je voyais bien qu'il y avait des fragments d'os qui trainaient par terre. Je les mettais dans un sac pour ne pas les perdre et je continuais d'avancer en me disant « ce sera pour plus tard ». Mon objectif : avancer et être solide. Soudain, la vie me rappelle à l'ordre... Elle me rappelle que « plus tard » n'existe pas. Que c'est maintenant qu'il faut prendre soin de recoller les morceaux. Elle me rappelle que je ne pourrais pas continuer à faire comme si de rien n'était. Je suis pourtant toujours dans la fuite. Et puis voilà, un peu comme par magie et soutenue par une énergie masculine bienveillante et pleine d'amour, je me sens en confiance. Je sens mon bassin qui se décoince lentement. Il redevient mobile. Des micros-mouvements. Il se réveille. C'est douloureux. Ben oui, quand on se réveille d'une anesthésie c'est toujours un peu douloureux. J'accepte. Ok, on va y aller en douceur et je lui envoie beaucoup d'amour à ce bassin que j'ai malmené tant d'années. Plus mon bassin semble s'ouvrir, plus je sens le coeur s'ouvrir aussi. Et inversément. Je pense que c'est la première fois que mon coeur et mon bassin sont reliés, connectés. Une bouffée d'émotion m'envahit. Je pleure de joie. Je déborde d'amour. C'est certain, quelque chose à lâcher. Une guérison s'est faite. J'ai la sensation d'avoir fait la paix avec le masculin. Me voilà à nouveau prête à aller à la rencontre de cette énergie masculine. Phrase déjà dite et redite certainement. Pourtant, aujourd'hui, je sens que c'est différent car je n'ai pas besoin d'un homme, j'ai envie d'être avec un homme. Je n'ai pas envie d'une relation où il n'y aurait que des papillons, des fleurs et des coeurs partout. Non, j'ai envie de partager, de donner et de recevoir de l'amour. J'ai envie d'être surprise. J'ai aussi envie de disputes, de tensions, d'expérimenter, de voir les facettes de l'autre et de pouvoir lui montrer les miennes. J'ai envie de créer et d'avancer ensemble dans la confiance et le respect de chacun. Je n'ai plus envie uniquement de plaire à l'autre, j'ai envie d'être authentique. Je suis pleine de gratitude pour tous les hommes qui ont fait et font partie de ma vie. Ceux qui m'ont blessée, ceux que j'ai blessé. Ceux qui m'ont aimée, qui m'aiment. Ceux que j'ai aimé et que j'aime. Les amis de coeur. Ceux qui me soutiennent. Merci à tous ces hommes car grâce à eux, je peux enfin dire « je suis prête ». Aline Lourtie 14/02/2023

  • La puissante impuissance

    Me voici face à l'un de mes plus grands défis : le syndrôme du Sauveur. Aline La Sauveuse, peut-être l'un de mes rôles préférés. Quoi de plus jouissif et de plus valorisant que de voler au secour des autres. Montrer à quel point je suis forte, compétente, indépendante, capable de tout porter, de tout soutenir. Quel bonheur de sentir la reconnaissance des gens et de se sentir aimée. Je deviens accro à cette reconnaissance, à ce sentiment que je suis indispensable et que les autres autour de moi ne peuvent pas se passer de moi. Le problème : plus je deviens accro et moins mon besoin de reconnaissance est assouvi. Il m'en faut toujours plus. Comme un vampire, je cherche de nouvelles victimes dont je peux boire le sang. Et plus je me nourris de cela, plus je m'enferme dans ce beau rôle de Sauveuse. Plus je veux sauver et plus je nie la partie de moi qui a besoin d'être aimée, celle qui est dépendante affective. Plus je la nie et plus elle me ronge de l'intérieur. Alors je me donne corps et âme. Cercle vicieux sans fin jusqu'au jour où je pète les plombs, où épuisée, je m'effondre. Je découvre avec horreur mon impuissance, mes faiblesses, que je ne suis pas capable de sauver le monde et que les autres peuvent vivre sans moi. Aïe, ça pique ! Savoir que je suis remplaçable me crève le coeur. Je me suis prise de belles portes dans la figure. Mon ego et mon estime de moi en ont pris un sacré coup. Depuis un peu plus d'un an, j'ai envie d'accompagner d'autres personnes, de les aider à prendre conscience de leurs schémas destructeurs, à leur montrer qu'il est possible de transformer les croyances limitantes, de leur permettre de se reconnecter à leurs sens et à leur corps. En me lançant dans une formation pour devenir « thérapeute », j'avais bien conscience que je devrais être attentive à ce rôle de Sauveuse. Alors j'y allais à tâtons, timidement, sans trop m'affirmer. Jusqu'au moment où j'ai ressenti un feu intense à l'intérieur. Une grande puissance qui ne demandait qu'à sortir, un immense élan d'Amour qui ne demandait qu'à être partagé. A quelques occasions, j'ai osé exprimer cette puissance, ne pas la contenir et j'ai senti que la vague d'Amour ne faisait que grandir. L'élan était spontané, il n'y avait aucune attente, aucun besoin. Peut-être que mon seul besoin était de diffuser la vibration que je ressentais à l'intérieur. Il ne m'était pas possible de la contenir, elle allait au-delà de moi. Je ne me posais aucune question. J'avais confiance. Depuis quelques jours, je vois plusieurs personnes de mon entourage qui vivent des difficultés (physiques, relationnelles, professionnelles, etc). Une seule envie, les aider, les soutenir, les soulager, faire en sorte que tous leurs problèmes disparaissent d'un coup de baguette magique et qu'ils puissent vivre heureux pour toujours. Pour être en empathie avec eux, je me contiens. Il ne faut pas que je fasse étalage de cette expansion, de la joie et de la confiance que je ressens. Je me sens triste, impuissante et frustrée. Une question me trotte dans la tête « Pourquoi ne viennent-ils pas me trouver pour que je les aide ? » Je tourne en rond, je râle, je me sens incapable. Je prends le temps de méditer, de faire le silence et d'observer ce qu'il se passe à l'intérieur. Et je me retrouve face à elle : Aline la Sauveuse.   Le voilà le malaise, voilà pourquoi mon mental s'agite dans tous les sens depuis quelques jours : mon ego est frustré parce que personne n'a besoin de mon aide alors que je vois des gens en souffrance. Mon ego est en panique : « personne ne vient vers moi donc ils ne m'aiment pas, ils ne sont pas satisfaits, je ne suis pas assez bien » et blablabla. Toujours la même rengaine. Avec la peur supplémentaire de me retrouver toute seule. Ben oui.... si les autres s'effondrent qui va être là pour m'aider quand j'en aurai besoin ? Me voilà à nouveau en manque. Besoin de combler un vide. Et ça tourne et ça tourne encore. Cela m'exaspère ! J'en suis donc encore là... A me convaincre que je n'ai de la valeur que par les actes que je pose, que les autres ne m'apprécient que parce que je peux leur filer un coup de main. Eh ben oui, j'en suis encore là... Il y a encore du chemin à faire pour casser ces croyances limitantes. Pourtant, du chemin, j'en a fait... Je suis maintenant capable de voir, de sentir quand ma corde du sauveur est activée. J'ai aussi pu expérimenter et sentir que j'avais de la valeur aux yeux des autres peu importe ce que je fais ou pas pour eux. Je sais aussi que lorsque je me connecte à mon coeur, je suis capable d'offrir une présence, une écoute et une attention particulière. Mes ressentis sont souvent justes et quand je me laisse guider par mon instinct, je sais être dans un accompagnement juste et bienveillant. Au fond de moi, je sais aussi (même si je dois souvent me le rappeler) que mes proches savent tout cela et que c'est leur responsabilité de m'appeler s'ils en ressentent le besoin. S'ils ne le font pas, cela ne signifie pas pour autant qu'ils me rejettent ou ne croient pas en mes compétences. C'est leur chemin à eux. Je vais donc arrêter de leur courrir après en mendiant de l'affection. Je vais leur rendre leur reponsabilité tout en leur envoyant énormément d'amour et de douceur pour eux-même. De mon côté, au lieu de réfléchir à qui je pourrais sauver, je vais observer toutes ces parties de moi qui grincent et stressent, les rassurer en disant que c'est ok. Je vais continuer à me laisser de plus en plus guider par mon instinct et mon coeur. Ne plus me censurer, me contenir, me punir parce qu'à un moment j'ai cru assez en moi pour briller et me mettre en avant et que cela m'a apporter beaucoup de joie. Garder en tête que l'humilité n'est pas un défaut ou une faiblesse mais une qualité puissante. Il est donc possible d'être à la fois humble et puissant. Et en cas de doute, quand l'ego reviendra à la charge, prendre le temps de revenir à moi et me poser cette question « Est-ce vraiment l'autre que j'aide ou bien est-ce que je le fais pour m'aider moi ? » Aline Lourtie 29/01/2023

  • Parce que j'ai été cette petite fille

    Celle qui mettait des robes de princesse roses avec des pailettes et qui se maquillait ; Celle qui rejouait des scènes de film et qui imitait Madame Chapeau ; Celle qui voulait devenir comédienne ; Celle qui allait chez les voisins ou les commerçants de la rue pour dire bonjour ; Celle qui faisait du tobbogan ; Celle qui faisait de la balançoire et essayait de toucher les nuages avec ses pieds ; Celle qui ramassait les boules de tilleul et les groseilles ; Celle qui chantait, dessinait, jouait du piano et dansait ; Celle qui passait du temps assise près des peupliers et qui leur racontait des histoires ; Celle qui se cachait sous sa couette avec toutes ses peluches quand il y avait de l'orage ; Celle qui faisait des cabanes dans les bois ; Celle qui râlait lorqu'elle perdait ; Celle qui faisait enrager son frère et sa soeur ; Celle qui piquait des colères ; Celle dont les yeux pétillaient ; Celle qui avançait sans se poser de question ; J'ai été cette petite fille malicieuse, souriante pleine de joie de vivre Un jour sans savoir comment ni pourquoi, dans le miroir, ce n'est plus une petite fille rayonnante que j'ai vu mais une adulte fatiguée. « Comment en suis-je arrivée là ? ». « Que s'est-il passé ? », « Pourquoi l'adulte que je suis, a-t-elle décidé de tuer cette petite fille et tous ses rêves ? » Je n'ai pas cherché de réponse. Je me suis juste tournée vers cette petite fille. Elle aussi, à force d'avoir été mise de côté, oubliée, étouffée, avait perdue cette lueur dans les yeux. Elle était triste et pâle. Je l'ai prise dans mes bras. Je me suis excusée. Nous avons revécu nos bons moments. Nous avons à nouveau ressenti la joie d'être ensemble. Je lui ai fait la promesse de ne plus l'oublier. Je lui ai fait la promesse de rester fidèle à ce que nous sommes et de ne plus la trahir. Je lui ai fait la promesse de continuer à croire en nos rêves et de les réaliser. Je lui ai fait la promesse de retrouver le plaisir d'être là, d'être en vie. A toi ma petite-fille... Aline Lourtie 22/12/2022

  • Coeur Kintsugi

    - Dis, Maman, est-ce que cela fait mal un coeur brisé ? - Oui, ma Chérie. Peu importe pourquoi ton coeur se brise, la douleur est intense. - Oh ! Est-ce qu'on peut mourir d'un coeur brisé ? - Certaines personnes, oui. Parce que, pour elles, la douleur est insupportable. Mais la plupart du temps, on ne meurt pas d'un coeur brisé. Au contraire il se renforce. - Je ne comprends pas.... Si le coeur est abimé comment peut-il devenir plus fort ? - Parce qu'il apprend. Et parce que malgré les blessures il continue à vivre. Tu sais, ma Puce, un jour un homme a dit cette phrase : « Il faut être un peu fêlé pour laisser passer la lumière ». C'est pareil avec les blessures du coeur. - Je ne comprends toujours pas... Si le coeur est brisé, cela le rend plus fragile. - Lorsque ton coeur se brise, cela créé des failles. Ces faille peuvent laisser passer la lumière. Ta lumière, celle qui t'anime. C'est parce qu'il est capable de montrer ses failles, ses fragilités que le coeur devient plus fort. - Moi, je ne veux jamais avoir le coeur brisé. - C'est impossible ma chérie. - Pourquoi ? Si je le protège, que je le garde bien au chaud dans ma poitrine. Si personne ne peut le toucher, l'approcher, il ne sera jamais brisé. - Peut-être.... Oui, peut-être que si tu protèges ton coeur, que tu lui mets une armure et un bouclier il ne sera jamais brisé. Mais il mourra. Il dépérira, lentement. Cela sera encore plus douloureux. - Mais pourquoi ? - Parce qu'il y a pire qu'un coeur brisé. C'est un coeur privé d'amour. Un coeur privé d'amour se dessèche, il rétrécit, il se met en boule jusqu'à disparaitre. Un coeur privé d'amour ne peut plus ressentir car il se cache derrière son bouclier. Un coeur privé d'amour ne peut plus respirer car son armure finit par l'étouffer. Privé d'air, privé d'espace, il cesse de battre. - Oh, c'est triste... Avoir le coeur brisé aussi c'est triste. Comment je peux faire pour ne pas avoir le coeur blessé, pour ne pas avoir mal ni laisser mon coeur mourir ? - Je ne sais pas ma Chérie. Ce que je sais c'est qu'il est impossible de ne pas avoir le coeur brisé. Et c'est une bonne chose. - Mais, tu m'as dit toute à l'heure que c'était douloureux. - Oui, c'est douloureux. Cela prouve aussi que ton coeur est en vie. Chaque faille, chaque blessure, chaque cicatrice de ton coeur, c'est le souvenir que tu as aimé et que tu as été aimé. C'est le souvenir que tu as vécu des moments de bonheur intense avec quelqu'un. Peu importe ce qu'il va t'arriver, ne regrette pas tes blessures, regarde-les, observe-les, guéris-les, écoute-les et remercie-les. Ton coeur est bien plus robuste que tu l'imagines. Si tu le laisses s'ouvrir, s'épanouir, il rayonnera. Il sera encore brisé, c'est inévitable car la vie est faite de chagrins, de doutes, de pertes, d'abandon. Elle est aussi faite de belles rencontres, de surprises, de moments rares et inattendus. Si par peur d'être blessée, tu fermes ton coeur, que tu t'empêches de ressentir, il te sera impossible de profiter des joies et des beautés de la vie. Ose, ma Chérie. Quoiqu'il arrive, ose ouvrir ton coeur. Laisse-toi touchée par l'amour des autres et laisse les autres s'émerveiller et s'emplir de tout l'amour que tu as à offrir. N'enferme pas ton coeur dans une prison de peur. Laisse le libre de vivre, d'aimer, de battre et d'être brisé. Un coeur brisé cela fait mal, c'est douloureux. Mais un coeur brisé c'est avant tout un coeur capable d'aimer et d'être aimé. Aline Lourtie 28/11/2022

  • Quand les mots t'empêchent de dormir

    Couchée dans mon lit, bien au chaud sous la couette, à côté du poêle avec le chat qui ronronne allongé près de mon ventre. Me voilà bien installée pour m'envoler et faire un doux et paisible voyage au pays de Morphée. Derrière mes paupières closes, une image apparaît suivie d'un mot, d'un second, d'une autre image, d'une situation, d'une scène, d'une émotion, d'une phrase, d'autres mots, des figures de style. Les pensées, les images, les mots tout se mélange. Une histoire se construit, se déconstruit. J'ai beau essayé de mettre mon cerveau sur pause. Impossible ! Les mots et les images reviennent sans cesse à l'assaut. Ils sont de plus en plus nombreux. Ils sont comme des petites voix dans ma tête. Ils crient, ils hurlent, ils s'agitent dans tous les sens. Ils sont prisonniers et ne demandent qu'à sortir. Minuit. Je n'en peux plus. Je me lève, allume mon ordinateur et là c'est un flot de mots qui s'écoule. Tout devient fluide, tout s'ordonne sur le papier. Mes mains s'agitent. Je ne comprends pas trop ce qui se passe. Je n'ai jamais ressenti une telle frénésie à écrire. C'est comme si un liquide chaud et lumineux coulait de ma tête vers mes mains. Les mots sortent tout seuls, d'un coup, d'une traite sans même prendre le temps d'y réfléchir. Plus le texte se construit, plus ça vibre à l'intérieur de moi. Chaque mot est comme un cri de joie. Puis, mes mains s'arrêtent. Je contemple le texte devant moi. Je le relis. Je pleure. Il est parfait. Aline Lourtie 23/11/2022

  • Vertiges

    Vendredi matin, bien au chaud dans mon lit. Je me retourne pour bien me pelotonner sous ma couette. Et là, le monde se met à tourner. Crise de vertige. Bourdonnements dans les oreilles. Nausées. Peu importe la position, la tête continue de tourner. Je passe ma journée couchée à essayer de bouger le moins possible. J'ai déjà connu cela. Sans savoir vraiment la cause. En général, cela passe... Samedi, les vertiges sont toujours là. Les nausées aussi, parfois. C'est fragile. Je me sens fatiguée. Dimanche, l'espoir revient, les vertiges sont moins présents. Ils reviennent de temps en temps. D'un coup, je me sens étourdie sans que j'ai fait quoique ce soit. La soirée passée au coin du feu entourée de la chaleur d'amis, me fait oublier pour un temps ces vertiges. De retour à la maison, je suis même certaine que c'est fini. Ouf ! Je suis soulagée. Mauvaise nuit. Les vertiges sont de retour. Allongée dans mon lit, je regarde le plafond tourné. Et dans ma tête cela tourne aussi : « Et m.... ! je pensais que c'était fini. Peut-être que je devrais prendre rendez-vous chez le médecin. Pfff encore une journée où je ne vais pas savoir faire grand chose, où je vais devoir garder la tête droite. » Tenir la tête droite.... Vertiges..... Ca tourne.... Perte de repères..... Au fond, qu'est ce qui est vraiment inconfortable pour moi ? Est-ce les vertiges ? Les pertes d'équilibre ? Ou bien est-ce de devoir rester la tête droite ? A moins que cela ne soit les deux à la fois. Tenir la tête droite, je sais faire, un peu trop. Tourner la tête, regarder autre part, aller vers l'inconnu, cela fait peur. Cette crise de vertige n'arrive pas par hasard. Elle me rappelle qu'il est temps que je change d'angle de vue. Le monde tourne autour de moi, je ne le reconnais plus. C'est un autre monde qui apparait devant moi. Je ne suis pas encore capable de le reconnaitre alors cela me fait peur, cela donne le vertige. Je suis à un endroit où mes points de repères sont bouleversés. Toujours couchée dans mon lit, les yeux au plafond, les pensées continuent de défiler. Me revient en mémoire cet exercice de trantra. La proposition étant d'imaginer que nous n'avons plus de tête. L'idée étant de retrouver notre centre. De ne plus rester simplement dans le mental et de redescendre dans le coeur et le ventre, là où se trouve notre Moi. Première réaction : « c'est quoi ce truc ? Vivre sans tête... Impossible. Pas pour moi cet exercice. Je passe mon tour ». Me revient ensuite ce moment de danse où emportée par la musique, il y avait un tourbillon à l'intérieur de moi. Finalement, ce texte lu sur Facebook ce matin qui parle des processus vécus pendant la danse. Et là, toutes les pièces du puzzles se mettent en place. Qu'est ce que cela me fait vivre ces vertiges ? Qu'est ce que je ressens tout au fond de moi ? Qu'est ce que cela ferait de danser le vertige, d'accepter d'être en déséquilibre, de ne plus avoir de point de repère, d'avoir la vision brouillée, de perdre la tête ? Oui, qu'est que cela serait... Alors, je sors mes musiques favorites. L'objectif : il n'y en a pas. La seule chose est d'oser bouger, de voir ce que cela me fait de danser en ayant des vertiges ou de provoquer des vertiges par la danse. Juste explorer avec ce qui est là. Sans jugement, sans violence, sans attente. Juste qu'est ce que ça fait. Et bien ça fait du bien ! J'ai tourné. Ma tête est partie dans tout les sens. Vertige, il y a eu. Nausée, il y a eu. Pas de déséquilibre. Mes pieds, mes jambes, mon bassin étaient assez solides pour me permettre de laisser partir ma tête. Cela allait tellement vite, parfois, que j'ai eu cette sensation, effectivement, que ma tête n'existait plus. Mon corps était mû par une toute autre énergie que celle du mental. Les choses étaient floues autour de moi, je ne savais pas toujours où j'étais dans l'espace. Et cela n'avait aucune importance. Cela ne me faisait plus peur. J'étais à un endroit où le temps et l'espace n'existent pas. Pendant un court instant, j'ai goûté, j'ai expérimenté cette sensation d'être à ma juste place mais dans une dimension différente de celle que je connais. Pendant un court instant, je me suis perdue. Pendant un court instant, j'ai été ivre de bonheur. Pendant un court instant, j'ai pris conscience que l'Amour, l'Amitié, le Bonheur, la Vie elle-même, toutes ces choses-là sont vertigineuses, elles n'ont pas de sens, pas de point de repère, c'est flou, c'est abstrait, inexplicable, indescriptible. Comment y avoir accès alors ? En se laissant porter par elle, en acceptant de perte la tête, d'ouvrir le coeur et de se laisser surprendre. Pendant un court instant, j'ai compris au fond de moi les enseignements, les lectures, les réflexions des ces derniers mois. Je les ai éprouvé, ressentis, expérimentés. Tout était juste. Toutes les pièces se sont assemblées pour me donner une image claire de ce que j'étais en train de vivre. Après cette danse, l'envie forte de vous partager un peu de mon vertige et surtout de l'authencité ressentie. J'ai essayé de capter cela en prenant des photos. Exercice pas facile et, pourtant, pas trop mal réussi. Quand je regarde ces photos, je vois quelque chose de vrai. Avec une amie, nous parlions d'authenticité et de féminité. Pour moi, ces photos en sont un reflet. Un petit bout de mon authenticité et de ma féminité. Sans maquillage, sans coiffure, sans talons, sans filtre, sans masque, sans beau décor, sans rien. C'est nu. C'est brut. C'est vrai. C'est parfait. Aline Lourtie 21/11/2022

bottom of page