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  • Le point de rupture

    Me voici arrivée à nouveau à ce fameux point de rupture. Ce moment où tout bascule. Ce moment où j'atteins ma limite. Ou plutôt où j'atteins LA limite, la dernière, celle qu'il ne fallait pas franchir. Celle du non-retour. Ce moment où l'élastique, à force d'avoir tiré dessus, se casse et me pète à la figure. C'est toujours la même histoire, le même schéma qui se répète. Je vois, ressens et vis des choses qui ne sont pas confortables. Je me sens blessée et non-respectée par certaines personnes. Mais je ne dis rien. Je prends sur moi. J'attends que cela passe. Je trouve des excuses à moi, aux autres. Je ravale mes rancunes, ma colère, mes reproches. Une fois, deux fois, trois fois... jusqu'à arrivée à saturation. La gorge est nouée, le ventre est serré. Impossible d'avaler. J'ai juste envie de dégueuler tout ce trop plein, d'envoyer tout ce paquet à la figure des « coupables », de ceux qui m'ont trahie, maltraitée. Les mettre face à leurs « erreurs », leur dire « regardez ce que vous m'avez fait ». Les blesser autant qu'ils m'ont blessée. Oui, quand le point de rupture est atteint, une réconciliation est difficile. La confiance est rompue. Je n'accorde pas facilement mon pardon. J'ai la rancune tenace. J'ai une longue liste de toutes les choses que j'ai accumulées. Des faits qui prouvent que les coupables sont bien coupables. C'est tellement plus facile de pointer du doigts les fautifs. Beaucoup plus facile d'accuser. Beaucoup plus facile de tourner son regard vers les autres plutôt que vers soi. Si j'ai l'audace de regarder ce que la situation me renvoie réellement, je reconnais que les coupables ne sont pas si coupables. Certes, ils ont une part de responsabilité car tout cela n'est pas parti de rien. Mais moi dans tout ça, qu'ai-je fait ? Ben... rien. J'ai laissé faire. J'ai attendu gentiment que la solution vienne d'eux. J'ai espéré, tout en ruminant, qu'ils allaient comprendre leurs erreurs, s'excuser, rectifier le tir. J'ai attendu qu'ils prennent leur responsabilité sans bougé le petit doigt. Je leur ai laissé plein pouvoir, je me suis simplement écrasée. Je me suis planquée derrière une barrière de non-dits. Mais avaient-ils seulement conscience que la situation n'était pas confortable pour moi ? Je n'ai rien dit. Comment auraient-ils pu deviner ? Et moi ? Ai-je essayer de comprendre ce qu'ils vivaient ? Peut-être qu'eux aussi avaient des choses à me renvoyer. Ai-je seulement essayer d'écouter, de communiquer ? Non, je n'ai fait que supposer, interpréter, imaginer. J'ai élaboré de nombreux scénarios où j'étais la gentille victime qui n'a rien à se reprocher et eux les méchants bourreaux. Au final, qui m'a trahie, qui m'a blessée ? C'est moi, en ne disant rien. C'est moi qui ne me suis pas écoutée, qui ne me suis pas respectée. J'aurais dû dire les choses dès l'instant où je sentais que cela grattait pour moi. Leur exprimer qu'il y a certaines choses qui n'étaient pas confortables, certaines choses que je ne comprenais pas. Et si je n'avais pas été entendue, j'aurais dû répéter, peut-être de manière plus affirmée ou trouver d'autres mots. J'aurais dû essayer d’établir un dialogue. Oui, j'aurais dû... Maintenant, c'est trop tard... le retour en arrière n'est plus possible. Je ne peux pas rectifier ce qui est passé. Je me suis enfermée dans une prison de reproches. Cette longue liste de frustrations, je ne peux plus les dire. A quoi cela servirait ? A part à attiser un feu de colère. Une escalade de reproches qui détruit et ne répare rien. C'est de la violence gratuite qui ne résout rien. Et je sais que je ne me sentirais pas mieux après. Au contraire... Et cela risque de faire des dommages collatéraux et ça, je veux l'éviter à tout prix. Bref, me voilà coincée avec ce gros paquet dont je ne sais que faire. Je peux juste le regarder, peut-être essayer de jouer avec. Peut-être le mettre en mots ou en danse puisque je ne peux pas le dire. Peut-être que je peux le voir aussi comme un gros paquet cadeau, le déballer et voir qu'il y a un autre point de rupture. Une rupture de moi à moi. La rancune, la violence, la colère se sont des parts de moi. Je ne peut pas les effacer, je ne peux pas les nier ni les mettre de côté. Par contre, je peux les observer et ne plus me laisser contrôler par elles. Elle est là, la rupture : dans le choix de ne plus reproduire ce schéma qui ne m'est plus utile, d'en faire autre chose. Je choisis de quitter le chemin des non-dits, de la frustration, de la violence et de la colère envers moi-même et les autres pour emprunter un chemin plus doux et authentique. Un chemin que je ne connais pas, que je vais expérimenter et découvrir pas à pas. Aujourd'hui, j'ai envie de m'engager sur cette voie et de mettre en place tout ce que je peux pour aller vers plus d'authenticité et de respect de mes propres limites en exprimant les choses qui sont inconfortables au moment où elles le sont et d'établir un dialogue. 1er Accord Toltèque : Parole Impeccable. Je choisis de ne plus m'enfermer dans des non-dits, de ne plus me mettre à la place des autres en imaginant ce qu'ils peuvent vivre ou penser. 2ème Accord Toltèque : Ne pas faire de supposition. Je choisis aussi d'essayer d'être à l'écoute de ce que les autres ont à me renvoyer, qu'ils puissent se sentir libre de me dire ce qui gratte et ne leur plaît pas chez moi. 3ème Accord Toltèque : Ne rien prendre personnellement. Je vais certainement trébucher, me perdre, retourner en arrière. Il n'y a aucune garantie de réussite. Il n'est pas facile de changer des schémas que l'on pratique depuis tant d'années. Il y a de grandes chances que j'y revienne encore et c'est OK. 4ème Accord Toltèque : Faire du mieux que je peux avec ce qui est là et ce que je suis. Bref, y du taf... Aline Lourtie 17/01/2025

  • En Coeurs

    Deux mains qui se touchent. Deux corps qui se rapprochent. Une tendre caresse. Un baiser déposé délicatement. Le temps se suspend pour vivre l'instant. La frénésie du plaisir laisse place au désir de savourer. La lenteur s'invite et les emmènent dans les profondeurs Vers des territoires encore inexplorés. De la lenteur nait l'intensité. Elle se glisse dans chaque interstice. Dans chaque espace de vide. Dans chaque frôlement. Ni force, ni violence, ni rapidité. La douceur, de sa flamme légère et dansante, vient réchauffer les peaux. Frisson à l'unisson de sentir l'eau et le feu entrer en connexion. L'Alchimie opère. Les corps se mêlent pour former un Coeur Divin. Les Âmes se rejoignent. Elles s'enlacent. Les corps succombent sous les caresses. Tout s'éteint. Silence. Pause. Abandon. Ils se déposent. Dans son regard à Lui, à Elle, les âmes continuent de danser. En souvenir d'un moment qui ne se dit pas. Il se vit. Aline Lourtie 21/12/2024

  • Haimavati

    Calme, silence, vibrations, expansion, ouverture, stabilité. Je suis sur le rocher; Je me sens devenir le rocher; Je suis le rocher. Souvenir d'un magnifique moment en compagnie de mon maître: la Nature. Sentir la terre sous mes pieds; Plonger nue dans une rivière; Se laisser porter par le vent; Sentir un feu de joie à l'intérieur de moi. Aline Lourtie 04 septembre 2024 Poème en l'honneur de la déesse Haimavati

  • Je pense donc j'écris

    Je suis bloquée. Je n'arrive plus à écrire. Je m'installe devant mon carnet et rien ne vient. Ou c'est un flot de mots qui sort de mon stylo. Des mots en désordre remplis de colère, de frustration, de tristesse. J'essaye de les ordonner. Je n'y arrive pas. Besoin d'aller marcher pour lâcher et laisser le mental s'apaiser. Cela s'éclaircit. Des réflexions émergent. De retour à la maison, je prends mon stylo et j'écris. J'ai beaucoup lu autour du développement personnel, de la spiritualité, de l'amour de soi et des autres, sur l'ego. Un tas de textes, de bouquins écrits par des philosophes, des grands maitres que j'admire et respecte. Ces grands maîtres ont trouvé leur voie. Ils sont alignés, sereins et confiants. Leur Foi semble inébranlable. Tout semble leur réussir. Tout semble facile. Même s'ils ont traversé beaucoup d'épreuves. J'aspire à faire preuve d'autant de sagesse, à être capable de mettre en pratique leurs enseignements. Je m'efforce de faire comme eux, de suivre la même voie. J'essaye de faire tout ce qu'ils disent : mettre l'ego de côté, apprendre le détachement, aller vers l'amour inconditionnel, m'accepter, garder la foi, ... Pour me donner confiance et de la contenance, je veux écrire sur ces sujets qui m'intéressent, m'interpellent, que j'expérimentent comme je peux. Impossible. Qui suis-je pour écrire là-dessus ? Je n'ai pas la connaissance des grands maitres, je ne connais rien. Mon expérience de vie se résume à mon petit baluchon. Je veux écrire pour montrer que j'ai tout compris, que je suis sur la bonne voie. Je n'y arrive pas. J'ai peur que l'on me juge, peur que l'on me reproche de ne pas avoir compris, de me tromper, d'être dans l'erreur, de ne pas être comme ces grands maîtres. Trop obsédée par la pensée des autres, je ne suis plus capable de penser par moi-même, d'avoir ma propre opinion. Captivée par les mots des autres, je ne trouve plus les miens. En admiration devant ces grands maîtres, leurs connaissances, leur cheminement, j'en oublie qui je suis et où je suis. Voilà pourquoi je n'arrive pas à écrire : parce que j'essaye de dire des choses qui ne viennent pas de qui je suis mais de ce que je voudrais être. J'essaye d'être quelqu'un d'autre. Je comprends maintenant que si je veux retrouver l'élan d'écrire, il faut que cela parte de ce que je suis, que j'utilise mes propres mots, mes propres expériences, mon vécu. Et tant pis si je me trompe. Tant pis si je n'ai rien compris aux enseignements. Tant pis si je suis dans l'erreur, dans l'ego, que sais-je. J'ai juste envie de m'exprimer et de penser par moi-même. Aline Lourtie 26/07/2024

  • Un Esprit sain(t) ; Un Coeur sain(t) ; Un Corps sain(t)

    Mon expérience me montre à quel point tout est lié. Il est important d'avoir une vision holistique de notre être, de ne pas seulement pointer les symptômes, réfléchir aux causes et surtout prévenir les maladies en agissant en amont. Jour après jour, je constate que si mon sommeil est perturbé, j'ai envie de mangé plus gras et plus sucré et je suis en perte d'énergie. Plus je mange gras et sucré et plus j'ai du mal à dormir. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. C'est comme un jeu de domino : si l'un tombe, c'est la dégringolade de tous les dominos. Sauf, si nous arrivons à casser la chaine... Un esprit sain et un coeur sain ne peuvent s'épanouir que dans un corps sain et inversément Pas toujours facile d'avoir une bonne hygiène de vie. Cela demande parfois des « sacrifices ». Cela peut être enfermant. Parfois, il faut aussi pouvoir se foutre la paix, pouvoir faire des exceptions aux règles sans se culpabiliser. Le tout est de le faire en conscience et sans se laisser entrainer dans un cercle vicieux et les schémas destructeurs. Le plus important est de faire/d'être parce que vous choisissez de faire/d'être et pas parce qu'il faut ou que vous devez faire/être. Aline Lourtie 15/07/2024 Une peu d'auto-dérision Il y a plusieurs semaines, je me suis appliquée à créer cette vidéo. J'y ai passé beaucoup de temps: enregistrer le texte, monter les images, synchroniser images/musique et voix. Une fois terminée, je l'ai regardée avec fierté. Je ne l'ai pas postée tout de suite, je voulais la garder pour plus tard. Un peu avant de la publier sur FB, je la regarde à nouveau. Le charme est rompu. Je suis morte de rire. C'est quoi cette vidéo totalement lisse, cette voix monotone avec ce ton presque moralisateur voire condescendant? Cela manque de rythme, de contraste. C'est ch*ant à regarder et à écouter. Pas certaine que la nana qui a réalisé ça soit vraiment équilibrée. D'accord, j'ai mon côté fleur bleu, romantique et bisounours. J'assume. Mais là.... Trop parfait, trop lisse, trop philosophico-spirituel. C'est presqu'une caricature. Vraiment, je vais publier ça? Dans cette vidéo, il manque quelque chose de fondamental, tant dans la forme que dans le fond. Il manque un 4ème pilier. Il manque le 4ème élément: le feu Ben oui... la joie, le plaisir, le fun, c'est où dans tout ça? Ils sont où les barbec entre ami-es, les moments de folie, les fous-rire, les instants de bonheur, les cris de joie, les moments où l'on se dit "je m'en fous, j'y vais",... C'est où tout ça? Ok avoir une bonne hygiène de vie c'est important. Mais si je ne profite pas de la Vie à quoi cela sert? Ok trouver l'équilibre entre ces piliers est important. Mais comment y arriver s'il en manque un, celui de l'En Vie? P.S: Bon j'aurai pu refaire une vidéo, j'ai juste eu la flemme (ça arrive). Et puis cela aurait été moins drôle. Parfois, afficher et rire de ses imperfections c'est bien aussi. Aline Lourtie 12/09/2024

  • Envie d'écrire

    Envie d'écrire sur tout, sur rien; Envie d'écrire sur ce qui est là, tout au fond de moi; Envie d'écrire sur ce que je ressens; Envie d'écrire pour déposer; Envie d'écrire sur mes blessures, mes petits pas, mon cheminement; Envie d'écrire sur le dégoût et l'émerveillement; Envie d'écrire pour faire rêver et voyager; Envie d'écrire pour partager, être lue, être vue; Envie d'écrire des poèmes, des contes, des romans, des histoires; Envie d'écrire... Et je n'y arrive plus; Envie d'écrire... Et les mots restent bloqués; Envie d'écrire... Et j'ai l'esprit trop encombré; Envie d'écrire... Et tout est confus. Envie d'écrire... Et je ne sais pas pour où commencer; Envie d'écrire... Et je suis perdue. Aline Lourtie 25/07/2024

  • Actrice de second plan

    « Le monde entier est un théâtre. Et tous les hommes et les femmes n'en sont que les acteurs et notre vie durant nous jouons plusieur rôles.  (William Shakespeare) Actrice de second plan ou figurante, ce sont mes rôles préférés. Je suis là pour soutenir, pour faire en sorte que la pièce fonctionne, pour mettre en valeur les premiers rôles. Tout cela sans que l'on me remarque. Je ne suis qu'une figurante parmi les autres. C'est tellement simple de me fondre dans la masse, de m'adapter à ceux et celles qui m'entourent. C'est aussi épuisant ! A force de jouer les rôles de second plan, il m'arrive d'oublier que je peux être le premier rôle. Etant la créatrice de ma propre vie et donc de ma propre pièce de théâtre, il m'arrive trop souvent de mal distribuer les rôles. Je donne le script du premier rôle aux autres et je me cantonne dans un rôle de figurante. Elle vient de là la frustration : je ne joue pas la bonne partition, je ne suis pas à la bonne place. Je m'efface alors que je devrais m'affirmer. Je ferme ma geule alors que je devrais m'exprimer. Il y a derrière tout cela un grand nombre de peurs. Si j'observe en profondeur, je constate que la peur dont découle toutes les autres est celle d'exister, celle d'Être. Elle est encore bien ancrée en moi cette croyance que je n'ai pas le droit d'exister. J'ai le droit d'exister si j'aide les autres. Dans ce cas, toute mon existence est justifiée. Si je ne suis pas capable de cela (ce qui arrive souvent), alors je n'ai pas le droit d'être là. Je m'efface, je disparais. Je laisse à l'autre le devant de la scène car il y a certainement quelqu'un de mieux que moi pour ce rôle. J'aide les autres donc j'existe. Or, cela devrait être : J'existe donc je peux aider. C'est épuisant de m'effacer, de faire comme si je n'existais pas. C'est comme une petite mort. Pourtant, la pulsion de vie est bel et bien là. A force d'être étouffée, elle rejaillit de manière complètement inadéquate et disproportionnée. Cela amène de la rancoeur, de la frustration, de la colère, de la tristesse, de la jalousie, de la violence et bien souvent des ruptures irréversibles et de la solitude. Et comme, bien sûr, je n'accepte pas toutes ces « choses pas chouettes ». Je me culpabilise, je me flagelle, je me punis. Et comment je me punis ? En me disant que je ne suis pas digne d'exister. Et donc en m'effaçant. Voilà, la boucle est bouclée. En disparaissant, c'est aussi toutes « les belles choses » que je fais mourir. En essayant de fuir l'ombre, je m'y enfonce de plus en plus. Je reste planquée en coulisses en espérant que le rideau se lève un jour tout en ayant une trouille monstre que les gens me voient en pleine lumière. Car dans ce cas, il n'est plus possible de se cacher, tout est visible « le bon » comme « le mauvais ». Cela signifie aussi accepter de sortir de la non-vie pour aller vers la Vie. Oui, mais exister pourquoi ? Pour rien, juste exister parce que c'est la seule mission de vie que j'ai. Celle d'être là, vraiment là et pas dans un ailleurs, dans un « no man's land ». Celle de ressentir la Vie qui me traverse. Il ne s'agit pas de m'imposer, d'écraser, de prendre toute la place. Non, c'est juste arriver à être présente dans un groupe, à oser m'affirmer, à me sentir capable de jouer le premier rôle. Car oui, j'en suis capable. Il est important de faire preuve d'humilité et de ne pas occuper cette place si cela n'est pas juste. Il est important aussi de faire preuve d'affirmation et d'oser dire, je suis capable, j'ai les compétences, je connais le texte, je sens que c'est juste pour moi d'être à cette place. J'ose prendre le lead et donner le ton de la pièce. Ne plus attendre que le premier rôle se tourne vers moi, me remarque et me donne la réplique. C'est assumer pleinement qui je suis. Toutes les parts qui me composent qu'elles soient « belles » ou « moches ». C'est arrêter de m'humilier et me punir sans arrêt parce que je vis. Si je suis ici, c'est bien que j'ai, comme tout le monde, le droit de vivre et d'exister, non ? J'apprends lentement. Je me prends encore souvent de belles claques. Souvent, le schéma est déjà installé avant que j'en prenne vraiment conscience. Mais, maintenant, je suis capable de le voir, de l'observer. De dire « ok, là tu es encore en train de t'effacer. Qu'est ce que cela vient toucher ? » C'est déjà un grand pas en avant. Quand on a passé la majeure partie de sa vie à ne pas vivre, le chemin vers la Vie est long et souvent difficile. Il faut tout réapprendre : apprendre à respirer, apprendre à parler, apprendre à bouger, apprendre à s'aimer, apprendre à vivre avec les autres, apprendre à accepter les échecs, les déceptions, apprendre à profiter des petits bonheurs, apprendre à accepter tout ce qui fait que nous sommes en Vie. Aline Lourtie 21/03/2024

  • Danse Orgasmique

    Dans mon petit monde à moi, il y a le bien et le mal, le bon et le mauvais. Dans la catégorie du mauvais, il y a le sexe, la sexualité, l'orgasme, les seins, le vagin, l'utérus, la sensualité, la séduction, la féminité, la femme. En bonne élève, j'ai suivi les cours de catéchisme où j'ai appris que tous ces mots-là, ces actes-là étaient péché, tabous, sales, indécents. Le corps, il faut le cacher car il est cause de tentation. Pas de mini-jupe ni de décolleté ni de vêtements trop moulant qui laisseraient entrevoir mes formes. Cela fait 35 ans que ces mots ne font pas (ou peu) partie de mon vocabulaire et que je les fuis au maximum. Et quand je succombe au péché, je le fais en toute discrétion avec toujours une pointe de culpabilité, de honte. Surtout quand je ressens du plaisir. Alors là, c'est carrément « ferme ta gueule » et surtout ne rien montrer, ne rien laisser paraitre. Je ne parle pas de ces choses-là. Les nommer est même compliqué pour moi. Ce soir, je casse mes tabous. J'ose me SEXprimer. Je vais essayer de dépasser ces vieilles croyances et voir non plus la sexualité et ma féminité comme quelque chose de malsain mais comme quelque chose de beau et seins. J'aime le vendredi car c'est le jour de la Danse Emoi. Un RDV avec mon corps, avec moi-m'aime. Deux ans que je m'offre ce rituel, ce moment d'exploration de moi à moi et de moi avec les autres. C'est donc avec joie et plaisir que je retrouve la tribu de danseuses et danseurs. Nous sommes nombreux ce soir. Le thème de la danse : l'ancrage du coeur... Je démarre couchée sur le dos. Une manière de déposer mon corps au sol. D'en prendre conscience et de me connecter à ma respiration. Lâcher les tensions de la journée, revenir à l'instant présent, ici et maintenant. Je sens le coeur qui grandit. Je sens aussi que cela s'agite dans le bas de mon corps. Mon bas ventre est chaud. Je frotte mon bassin contre le sol. Je suis une panthère. Féline, je me roule au sol. Je sens la chaleur qui monte de mon bas ventre, le long de ma colonne vertébrale. La musique vient me caresser. Mon corps est parcouru de frissons. C'est doux. C'est chaud. C'est orgasmique. C'est mon bassin qui donne le rythme, qui donne l'impulse du mouvement. Sexe et coeur sont reliés. Je me surprends à danser en caressant mon corps : les bras, les mains, le visage, les seins, les hanches, le ventre. Je lâche mes cheveux et les fait glisser entre mes doigts. De musique en musique, j'ondule de plus en plus. Je laisse mon corps profiter de cette onde de plaisir. Je sens l'énergie sexuelle montée encore et encore. Pas envie de retenir. Cela devient sensuel presque érotique. De l'extérieur, j'ignore ce que cela donne. Cela ressemble peut-être plus à une marionnettes désarticulée qui bouge dans tous les sens avec les joues toutes rouges et les cheveux décoiffés. Cela n'a peut-être rien de sensuel ni d'érotique. Sincèrement, je m'en fous. Ce qui compte, là, maintenant, c'est que, à l'intérieur, je me sens femme. Je me sens femme sans en avoir honte. Devant un groupe, j'ose exprimer cette part sensuelle, séduisante, « femme fatale ».Elle est là, je la laisse exister, je la laisse être. Et j'en suis fière. Je termine cette danse avec une énergie toute nouvelle. La danse reste, pour moi, le meilleur moyen d'explorer, d'aller à la découverte de mon corps, de prendre conscience et d'intégrer. Alors, oui, ce soir, j'aurai pu encore aller plus loin. Aller jusqu'au bout. Oser davantage. Mais bon, on ne casse pas une croyance vieille de 35 ans en une soirée. Cette soirée m'a surtout permis de reprendre confiance en moi, d'aller à la rencontre de la femme que je suis. Et, vous savez quoi ? J'ai découvert une très belle femme et j'ai hâte de la connaitre davantage. Immense merci à Claude Pirotte qui, par sa douceur, sa bienveillance, sa guidance, ses mots, ses musiques, son espace d'accueil de la danse, me permet chaque fois d'aller explorer un peu plus loin, de sortir un peu plus de ma zone de confort tout en me sentant en confiance et en sécurité. Merci à toi belle soeur de coeur que j'aime. P.S : parce que mes textes s'accompagnent souvent de musiques : M'envoyer des Fleurs – Sandrine Kimberlain : https://www.youtube.com/watch?v=a9TvSRrBUK0 Emerald Princess – Two Steps From Hell : https://www.youtube.com/watch?v=kBH-dO68ooA Aline Lourtie 02/12/2022 Après une session Danse Emoi

  • This girl is on fire

    Entre Vivaldi, Lindsey Stirling, Queen, JJG, Ludovico Einaudi et bien d'autres, s'est glissée la musique "Wolfheart" de Antti Martikainen. Frissons de partout, toutes les cellules de mon corps qui s'agitent. C'est bon! Cette musique me rappelle l'importance du Feu. J'ai appris la retenue, la tempérance, la diplomatie. Il était de bon ton de ne pas faire de vague, ne pas faire de bruit car le bruit ça dérange. J'ai appris à ne pas dire un mot plus haut qu'un autre. A garder pour moi certains réflexions, certaines idées, à ne pas crier, à ne pas hurler car cela ne se fait pas. Discrète, calme, à l'écoute, tranquille, sans faille. En voilà une belle image bien lisse, bien propre, bien nette. Mon côté sombre, mon côté "Azula" (pour ceux qui connaissent la série "Avatar") comme j'aime l'appeler, je l'ai gardé pour moi, bien caché, tout au fond. Je l'ai souvent sentie bouillir à l'intérieur mais extérieurement, j'arrivais à rester calme, de marbre. Je retiens, je contiens même si je sens le feu qui monte. Parce que le feu ça brûle, c'est dangereux, ça détruit, ça fait mal. Aujourd'hui, cette musique ravive ce feu en moi et me rappelle que l'énergie du Feu n'est pas que violente et destructrice. Dans cette musique, ce n'est pas de la violence que je ressens mais une énergie de puissance, de confiance, d'action, le champs des possibles est ouvert. Il est temps que j'embrasse toutes ces parts-là et toutes les autres. Que je les accepte car elles font partie de moi. Il est temps d'oser m'exprimer, me dire, me montrer sans avoir honte de me mettre en avant, de prendre la place qui est la mienne dans ce monde. A l'instar de cette musique, je vais faire du bruit, déranger, gêner, mettre mal à l'aise, vous casser les oreilles. Je vais aussi exprimer tout l'énergie qui est en moi. Pour faire de ce feu intérieur un Feu de Joie, un Feu qui réchauffe, un Feu qui anime, un feu qui illumine. Aline Lourtie 12/02/2022 Inspiré par la musique « Wolfheart » de Antti Martikainen

  • Le premier pas... de danse

    Jour J. Qu'est ce qui m'a pris de dire oui ? Plus les heures avancent, plus la nervosité augmente. Peur de l'inconnu mais également envie d'aller vers cet inconnu. Mon cœur bat fort quand j'entre dans la salle. Je me sens tout petite dans cet espace trop grand pour moi. Plus les gens arrivent, plus l'angoisse monte. Toutes ces personnes qui se connaissent, se serrent dans les bras, se disent bonjour. Et moi... je suis là à observer tous ces visages inconnus. Que dois-je faire ? Où me mettre ? Les larmes aux yeux, je me trouve un coin sombre pour me cacher. Comme une petite fille. La musique commence. J'essaye de me laisser porter par elle. Je ferme les yeux pour m'enfoncer un peu plus dans ma bulle. Autour de moi des cris de joie, des rires, des chants. Autour de moi, des corps qui bougent dans tous les sens, qui sautent, qui s'amalgament, qui me frôlent. Qu'est ce que je suis venue faire là ? Déroutée, je regarde ces corps mouvants, ces corps dansants. A la fois terrifiée et attirée par ce noyau joyeux. Comment me protéger ? Je me sens fragile. Malgré mon envie de fuir, je joue le jeu jusqu'au bout. Je termine la session épuisée. Ouf ! J'étouffe. Sortir de la salle. Quitter le groupe. Retrouver ma solitude. Me voilà enfin en sécurité. De retour à la maison, les larmes coulent toutes seules. J'ai mal dans tout le corps. Comme si l'énergie du groupe m'avait explosé à la figure. Le mental s'agite. Pourquoi ? Que s'est-il passé ? Je me calme. Et je comprends... Un an plus tard, je célèbre ce premier jour. Ce jour où la danse est entrée dans ma vie. Je célèbre toutes les danses qui ont eu lieu depuis. Tous ces mouvements lents, rapides, tristes joyeux, douloureux. Tous ces voyages à la découverte de mon corps, de moi-même. Je célèbre ce groupe qui m'a accueilli avec bienveillance. Tous ces inconnus qui sont devenus des partenaires, des frères et sœurs de corps et de cœurs. Je célèbre cette tribu aimante et je suis fière d'en faire partie. Je célèbre les « anges de passage », ceux qui ont guidé nos pas le temps d'un week-end, d'une journée. Je célèbre ce premier pas mais aussi le deuxième. Ce moment où j'ai cru assez fort en moi pour me dire « OUI ». Gratitude à vous tous ! Aline Lourtie 19/11/2021

  • J'ai vu mon coeur pleurer

    Je me souviens de la première fois où je t'ai rencontré, il y a à peine quelques années. Il faisait beau. Avec un ami, nous étions dans le jardin en train de méditer. Je sentais le soleil et le vent me caresser la peau. La terre qui me soutenait. L'arbre derrière moi qui m'apportait tout sa puissance. Et puis, une sensation nouvelle dans ma poitrine. Toute douce. Tout chaude. Une boule de lumière vibre, bat. Il y a donc de la vie à l'intérieur de moi. Des larmes de joie pour célébrer cette première rencontre. Première rencontre, vraiment ? Non, plutôt des retrouvailles. Comme revoir un ami très cher. Ta présence reste avec moi quelques temps. Je finis par te laisser de côté, trop occupée à courir dans tous les sens et à chercher des réponses insatisfaisantes. A de rares occasions, je me reconnecte à toi. C'est si bon de te retrouver. A chaque fois c'est un sentiment de sérénité. Tout est juste. Tout est pur. Pourtant, je m'éloigne encore. Tu n'abandonnes pas. Chaque fois que je reviens vers toi, tu m'ouvres grand les bras pour que je puisse m'y blottir. Sans rancune, sans peur, sans jugement, tu m'accueilles avec tout ton amour. Malgré mes infidélités, mes errances, mes peurs, mes doutes, tu m'aimes toujours. Ce que tu m'offres est tellement puissant que je du mal à y croire. Ton amour inconditionnel fait vaciller mes croyances limitantes auxquelles je me raccroche. Je doute souvent. Et toi tu gardes confiance en moi, en nous. De plus en plus, je sens ta présence. De plus en plus je reviens vers toi. Je te parle, je t'écoute. Tu me berce. Et poutant... Aujourd'hui, Mon Coeur, je t'ai vu pleurer. Aujourd'hui, Il s'est emparé de moi pour regagner sa Tout-Puissance. J'ai essayé de casser mes chaines pour te rejoindre. Tu m'as regardé lutter, me débattre, me décourager. Puis, je t'ai vu pleurer parce que nous étions séparés et j'ai senti. Senti à quel point tu me manquais, j'ai senti à quel point cette guerre était vaine sans toi. J'ai senti le vide en moi. Mon Coeur, des doutes, il y en aura encore. Des peurs, il y en aura encore. Des combats, il y en aura encore. Et je sais que tu seras là à mes côtés. S'il te plait Mon Coeur, continue de battre, de vibrer, de vivre, de m'envoyer des élans d'amour, de m'émerveiller, de me consoler, de m'écouter, de me remplir. Ensemble, nous tracerons notre chemin. Ensemble, nous écrirons notre histoire. Ensemble, nous serons, tout simplement.   Aline Lourtie Cercle de guérison 12/12/2021

  • Evasion

    « Evasion » . J'aime ce mot. Il rime avec « vision » et « horizon » . Depuis toujours, j'aime m'évader. M'évader dans mon monde, mes rêveries, mes fantasmes. M'évader dans les livres, le théâtre, la musique, les films, l'art. C'est un refuge. Ce que je préfère, c'est m'évader dans la Nature. Partir faire de longues promenades en forêt, dans la montagne, à travers champs. Aller à la rencontre des paysages. Fouler toutes sortes de sentiers. Sentir qu'à chaque pas, je suis plus légère, plus grande, plus vivante, plus vibrante. Je me sens en connexion avec tout ce qui m'entoure. Je suis chez moi. Je me sens en confiance et en sécurité peu importe l'endroit où je me marche pourvu que cela soit dans la Nature. Quand je marche, je mets tout de côté et je me laisse guider par les ressentis, les odeurs, les sons, les couleurs. Je savoure l'Instant Présent. C'est dans ces moments-là que je me sens au plus proche de moi, dans cette Nature qui m'accueille, m'inspire, me réconforte. Je me remplis d'elle. Je me fonds en elle. Je ressens sa beauté, sa grâce, sa sagesse, sa grandeur, sa majesté. Elle me touche dans tout mon Être. Elle murmure à mon oreille une mélodie que je ne comprends pas avec ma tête mais qui vient s'inscire dans mon Coeur et dans mon Âme. Quand je marche dans la Nature, je m'évade d'un monde qui m'oppresse, me questionne et parfois me dérange. Un monde dans lequel je ne me sens pas toujours à ma place. Je quitte ce monde pour revenir à mes racines, à la Source, à cette petite fille qui, assise au pied d'un grand peuplier, lui chantait des chansons, lui racontait des histoires, lui confiait ses joies et ses peines. Revenir à l'émerveillement, à la légèreté de l'instant et au bonheur d'être Soi avec Soi. « La nature est tout ce que l'on voit, tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime.Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit, tout ce que l'on sent en soi-même. Elle est belle pour qui la voit. Elle est bonne à celui qui l'aime. Elle est juste quand on y croit; Et qu'on la respecte en soi-même. » (Victor Hugo) Aline Lourtie 09/08/2025 Promenade de « La Sart-Mère » à Faux-les-Tombes

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