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  • Avec toi, Mon Amour, je souhaite danser toujours

    Avec toi, Mon Amour, je souhaite danser toujours. Il y aura des Samba et des Cha-Cha pour laisser éclater notre joie ; Il y aura des Jive où, avec l'énergie et l'insouciance de notre enfance, nous bondirons le coeur léger, le sourire aux lèvres et les yeux malicieux ; Il y aura des valses romantiques où perdu dans notre tendresse plus rien autour de nous ne comptera ; Il y aura des tango langoureux où, sous tes mains, ma sensualité de femme sera mise à nue et où sous mes doigts, ta puissance se montrera ; Il y aura des rumba où notre intimité sera dévoilée, où nous oserons être authentiques dans nos vunérabilités ; Il y aura des paso doble intenses, passionnés où nous serons tour à tour dominant et dominé ; Il y aura des faux-pas, des défauts de rythme, des gestes maladroits ; Il y aura des moments de danse solitaire où nous aurons besoin de nous éloigner l'un de l'autre pour retrouver nos repères; Il y aura des instants où seul notre regard dansera. Avec toi, Mon Amour, je souhaite danser toujours. Me laisser porter, m'abadonner dans tes bras ; Sentir ta présence même quand tu es loin de moi ; Enlacer mon corps au tien ; Être guidée et te guider ; Être à l'écoute de qui tu es, de ce que nous sommes ; Pourvoir être qui je suis tout en respectant ce que tu es ; Avec toi, Mon Amour je souhaite danser toujours. Cette danse unique qui nous ressemble, elle sera triste, joyeuse, intense, douce, lente, rapide, colérique, romantique, incroyable, éblouissante, silencieuse, agitée, tendre, amoureuse, sensuelle, sexy, puissante, vivante. Elle sera imparfaitement belle. Elle sera faite de Toi, de Moi, de Nous. Avce toi, Mon Amour, je souhaite danser toujours... A mon partenaire particulier Aline Lourtie 16/03/2024

  • Le rideau se lève sur les souvenirs

    J'embarque ma filleule direction La Sucrerie à Wavre. Ce soir, c'est Ligue d'Impro. Heureuse de lui faire découvrir cet univers. A l'entrée, nous recevons notre pantoufle et notre carton bicolore. Le DJ chauffe la salle, la maître de cérémonie lance le show, les arbitres sont accueillis sous les huées et les jouteurs sont acclamés et applaudis. Je crie, je chante et j'applaudis comme une petite fille. Quel plaisir de retrouver cette ambiance. Les impros se succèdent. Certaines sont excellentes, d'autres moins bonnes. Je suis impressionnée par le talent des jouteurs, leur réactivité, leur créativité, leur capacité à rebondir. C'est un réel bonheur de retourner au théâtre. C'est un peu comme revenir à la maison. J'imagine les comédiens dans leur loge. J'imagine le stress mêlé d'excitation. La concentration ou, au contraire, les blagues, les fous rire. Je repense à l'amusement et au bonheur d'être sur scène, d'être sous les feux des projecteurs, de devenir quelque d'autre pendant un court instant. Et puis, cette fierté lorsque les applaudissements du public retentissent. Chaque fois que je retourne au théâtre, que je suis dans la salle, que j'écoute le public discuter avant le spectacle, pleurer, rire ou s'ennuyer pendant la représentation et finalement applaudir, je m'émerveille. Le théâtre est un art vivant. Chaque représentation, chaque public est différent. Le temps d'une soirée, un lien se tisse entre les comédiens et les spectateurs. La magie opère. Chaque fois que je regarde les comédiens entrer sur scène et terminer le spectacle en saluant, ce sont des souvenirs qui reviennent. Je me revois petite fille en train de jouer Mme Chapeau devant mes parents et mes grands parents. Je me revois reprenant les sketchs de Roland Magdane, en journaliste, en Ally McBeal la brillante avocate, en Zia la guérisseuse, en porteuse d'eau, en Azula me roulant par terre en hurlant. Malgré tout le plaisir que j'ai eu à jouer, je n'ai pas eu l'audace d'en faire un métier ni de remonter sur scène. Le théâtre reste et restera toujours un univers cher à mon cœur. Un jour, je réaliserai mon rêve de petite-fille. Une jour, je retrouverai les planches et les projecteurs. Je ne sais pas quand ni pourquoi ni comment. Peu importe. Un jour, je retrouverai cette sensation incroyable. Je remercie tous les comédiens (amateurs et professionnels) de me faire rêver. Je remercie toutes les personnes qui travaillent dans le milieu du spectacle (metteur en scène, régisseurs, etc), tous ces métiers de l'ombre qui rendent cela possible. Je remercie tous mes complices de scène avec qui j'ai pris beaucoup de plaisir à jouer. Je remercie les personnes qui m'ont fait monter sur scène et qui m'ont encouragée dans cette voie. "Une pièce de théâtre, c'est quelqu'un. C'est une voix qui parle, c'est un esprit qui éclaire, c'est une conscience qui avertit. » (Victor Hugo) Aline Lourtie Ligue d'Impro 02/03/2024

  • Crise de Foi

    Depuis toute petite je me tourne vers le Ciel pour chercher des réponses. Ma communion solennelle a été une déception. Après cela, j'ai tout rejeté : la religion, Dieu, la foi, la prière, le sacré. Tout. Ce sont des mots que j'ai arrêté d'utiliser et qui me semblaient creux et vides de sens. J'ai perdu la Foi. Des années plus tard, sentant un vide au creux de mon ventre, je me suis à nouveau tournée vers le Ciel pour trouver des réponses. J'étais à la recherche de l'extase, d'un ailleurs où tout serait plus simple, plus beau. Un ailleurs où la peur, la colère, la tristesse et la souffrance n'existeraient pas et où je serais heureuse pour toujours. J'étais à la recherche d'un Dieu qui m'aimerait infiniment, qui me guiderait, me légitimerait, me rendrait plus belle, plus joyeuse. Un Dieu qui me rendrait spéciale, extraordinaire. J'ai cherché. J'ai testé un tas de trucs, de pratiques spirituelles. J'ai lu beaucoup sur le sujet. Tout ce qui pouvait me rapprocher de Dieu était bon à prendre. Je choisissais une voie et si rien ne se passait, si elle ne correspondait pas à mes attentes, je changeais. J'ai erré de pratiques en pratiques. J'ai vagabondé de rituels en rituels. Toujours insatisfaite. De temps en temps, lors d'une danse, d'une méditation ou d'une transe, il m'arrivait de ressentir un bonheur immense, une sorte de grâce, de confiance qui venait m'envelopper. Je suis restée longtemps dans l'illusion naïve que ces moments étaient des moments d'éveil. Je me suis enfoncée dans la croyance que si j'étais capable de toucher ces instants là, alors j'étais quelqu'un de spécial, que j'étais destinée à faire de grandes choses, que j'allais sauver le monde et que Dieu serait toujours à mes côtés. A force de bouffer de la spiritualité à tout va, j'ai fait une crise de Foi. Pourtant, il m'en fallait toujours plus, je n'étais jamais rassasiée. Comme une addiction, plus j'entrais dans ces instants de plénitude et de grande paix intérieure, plus la chute et le retour à la « réalité » était difficile et plus j'avais envie de fuir ce monde souffrant dont je ne faisais pas partie. Coincée dans mes illusions d'ailleurs et de perfection, je me suis coupée du monde. Malheureuse d'essayer en vain de monter, de rejoindre le Ciel et de sentir que mon corps me ramenenait inévitablement au sol. Je me sentais séparée de Dieu. Il me manquait quelque chose. Je souffrais de ce manque, de ce vide que, malgré mes efforts, je n'arrivais pas à effacer. J'ai fait des efforts, beaucoup d'efforts. Derrière mes pratiques, il y avait des « il faut » et des « je dois ». « Il faut que je sois pure. ». « Je dois pratiquer tous les jours. ». Toujours avec cet espoir que si je faisais tout comme il faut, si j'étais une bonne élève, je serais récompensée, que je recevrais des dons hors du commun. Derrière mes pratiques, il y avait toujours des attentes qui n'étaient jamais comblées. J'attendais désespérement un signe, un message, quelque chose. J'attendais un résultat. Le découragement arrivait rapidement. Et puis, j'ai réalisé un rêve : celui de partir marcher plusieurs jours sur le Chemin de Compostelle. Il n'y avait pas vraiment d'objectif spirituel ni religieux dans ce voyage. Il s'agissait surtout d'un retour à une simplicité de vie, pouvoir lâcher une charge mentale, être en contact avec la Nature. C'est pourtant sur le Chemin que j'ai pris conscience que Dieu est partout. C'était ma force et ma volonté. C'était les paysages extraordinaires qui se dévoilaient à chacun de mes pas. C'était chaque lever de soleil. C'était chaque frisson du vent. C'était chaque bruit de la nature. C'était chaque larme de joie qui coulait. Il était présent dans des rencontres incroyables. Des personnes que je ne reverrais probablement jamais mais qui resteront dans ma mémoire. Il était présent dans chaque église dont j'ai poussé la porte et dans les chants des frères et des sœurs. Il était partout autour et avec moi. Sur le Chemin, j'ai pris conscience que j'avais cherché Dieu dans le Ciel alors qu'il est ici bas. J'ai cru que c'était un être séparé de nous alors qu'il est en chacun de nous. C'est un des plus beaux enseignements du Chemin. J'y ai aussi appris l'humilité. J'étais humble devant les montagnes, les forêts, les arbres, les collines, les vastes prairies. Je ne cherchais plus à être extraordinaire ni ailleurs ni séparée. J'étais présente là où j'étais et cela me suffisait. Quand j'ai décidé de rentrer en Belgique, j'ai eu peur. Peur de perdre cette sensation. Peur de me sentir vide à nouveau. Peur d'oublier. Effectivement, il m'arrive encore de faire des crises de Foi, d'essayer d'atteindre quelque chose d'inaccessible, une croyance idéale qui n'existe pas. Oui, cela m'arrive de vouloir fuir. Et dans ces moments-là, je me barricade, me coupe du monde. Et puis je me rappelle du Chemin. Je me rappelle que Dieu est partout : dans la Nature, dans la flamme d'une bougie, dans une lecture inspirante, dans le sourire et les yeux de mes amis, dans un moment passé en famille, dans un câlin, dans l'attention et la présence que je peux offrir aux autres. Alors je respire, j'observe mon corps contracté, mes croyances biaisées. Je regarde, je laisse partir. J'ouvre grand et je suis à nouveau prête à accueillir. Purgée de mes peurs et mes doutes, ma crise de Foi passe. J'apprends à faire confiance. J'ai la Foi. Aujourd'hui, quand je prie, que je médite, ou fait une autre pratique, je ne le fais pas en essayant d'atteindre autre chose mais en étant avec ce qui est là. Mon intention n'est pas de monter tout là-haut et de m'éloigner du monde. Au contraire, mon intention est de m'ouvrir davantage à tout ce qui est là et d'être pleinement ici et maintenant prête à accueillir. Je ne pratique plus parce que je dois le faire mais parce que je choisis et j'ai envie de le faire. Je sais que je ne suis pas à l'abri d'une nouvelle crise de Foi. Des doutes, des peurs, il y en aura encore. Il m'arrivera encore d'avoir envie de partir en courant, de me couper du monde, de vouloir me sentir extraordinaire, exceptionnelle, d'avoir envie d'être ailleurs et d'être quelqu'un de mieux, de plus grand, capable d'accomplir de grandes choses pour le monde. Il m'arrivera encore d'avoir besoin de me sentir reconnue, légitime, aimée. Il m'arrivera encore de me demander ce que je fais ici, quel est le but de tout cela et pourquoi le monde va si mal. Il m'arrivera encore de me sentir nulle et impuissante. Oui, cela arrivera encore car je suis humaine, profondément imparfaite et duelle et c'est ça qui me rend extraordinaire. Aline Lourtie En pleine crise de Foi 22/02/2024

  • Encadrer ou pas encadrer telle est la question

    Après deux ans de formation, j'ai reçu ma certification en tant que Praticienne en Techniques de Toucher. Fière, je le suis. Cette certification, c'est l'aboutissement de deux années de travail sur moi, d'apprentissage de techniques et d'outils, de pratiques, de doutes et de remises en question aussi. C'est une belle reconnaissance du travail accompli. Fière, je le suis. Ce certificat, je l'attendais avec impatience. C'est mon passeport vers la légitimité. Grâce à lui, je me sens reconnue dans ma pratique. Cela me donne confiance. Ma première envie : acheter un beau cadre pour pouvoir le mettre dedans et dire aux gens : « Regardez, j'ai mon certificat. Je suis une bonne praticienne. Je suis légitime. J'ai été reconnue capable de masser. » Fière, je le suis. Pourtant, je m'interroge sur la valeur que j'accorde à ce certificat. Il représente beaucoup pour moi. Mais est-ce vraiment cela qui me donne de la légitimité ? Est-ce vraiment cela qui fait que je suis une bonne praticienne ? Est-ce cela qui fait que je suis capable de recevoir, d'écouter, de masser et de prendre soin des gens ? Aurais-je moins de valeur si je n'avais pas ce certificat ? Se limite-t-elle à ce papier ? Est-ce vraiment cela qui me définit ? Fière, je le suis. D'avoir obtenu ce certificat. Et surtout fière de moi-même, du chemin parcouru, des apprentissages reçus, des prises de conscience, de la route que je trace, des enseignements que je continue à suivre. Je suis fière d'être là où je suis, des compétences acquises, de ce que je peux offrir aux gens, de ce que je suis. Finalement, est-ce vraiment un certificat qui m'apporte la reconnaissance dont j'ai tant besoin ? Est-ce vraiment nécessaire ? La confiance, la reconnaissance, la légitimité, tout cela est déjà là. Ce n'est pas à l'extérieur qu'il faut aller chercher mais bien à l'intérieur. Cependant, il y a bien une reconnaissance extérieure et c'est vous qui me l'apportez par vos retours, vos avis, vos commentaires, les moments d'échanges et de partages, votre confiance. Tout cela ne serait pas possible si je n'avais pas osé faire le pas, si, ne me sentant pas assez bien, j'étais restée dans mon coin. Dois-je encadrer ce certificat pour prouver au monde qui je suis ou bien dois-je simplement me montrer telle que je suis sans me cacher derrière un morceau de papier dans un beau cadre ? Qu'en pensez-vous? Aline Lourtie 22/02/2024

  • Parce que le Chemin n'est jamais bien loin

    Petite anecdote... Parce que le Chemin n'est jamais bien loin. Aujourd'hui, par hasard, je ne sais pas trop comment mais j'arrive sur la page de mes spams Messenger. 3 messages bidon et 1 message en espagnol qui attire mon attention. Je ne comprends pas tout de suite. Il me faut un peu de temps pour faire le lien. C'est Josu qui m'écrit. C'est l'hébergeur chez qui j'ai dormi quand j'étais à Sansol! Je me souviens bien de lui, de son auberge "Albergue Karma". Il y avait une bonne odeur d'encens, des décorations tibétaines. Nous avions un peu discuté Tibet, yoga, bouddhisme mais nous n'avions pas eu l'occasion de discuter davantage. Je me souviens d'avoir été un peu déçue qu'il ne partage pas le repas avec nous. C'est aussi là que j'ai passé une des pires nuits à cause d'un ronfleur. Je me souviens de lui avoir laissé un petit mot sur un mouchoir en papier (c'est tout ce que j'avais trouvé pour écrire) pour le remercier de son accueil. Je suis touchée par son message. Il se souvient de moi après si longtemps et il me recontacte. C'est cool! Et puis je vérifie la date et constate que son message date du 11 octobre! Le jour où j'ai quitté Sansol! Mince! J'ai loupé le coche. Pas de chance. C'est trop tard maintenant... répondre après 3 mois, ça ne le fait pas... Je m'en fous, je décide de lui répondre et s'il m'a oublié tant pis. Je lui écris un message en lui expliquant pourquoi je réponds seulement maintenant. Avec mon espagnol tout rouillé (et un peu d'aide de la part de Google traduction). 2 minutes plus tard, je reçois une réponse. Voilà c'est tout... Anecdote toute simple. Pourtant cela m'a fait tellement plaisir d'échanger quelques mots avec lui. D'autant que, même si j'ai des projets plein la tête et que je suis bien là où je suis, je suis parfois nostalgique du Chemin et des longues journées de marche dans la nature. Cela m'a rappelé que le Chemin n'est jamais loin. Et qui sait... Peut-être qu'un jour je retournerais à Sansol et que nos chemins se croiseront a nouveau Coïncidence ou pas, avant-hier, j'ai reçu un message de Florent qui a fait un bout de chemin avec moi et avec qui j'avais passé de bons moments à l'Ecluse du Sanglier et à Toulouse notamment Aline Lourtie 04 janvier 2024

  • Disparaitre pour apparaitre

    J'oscille entre visible et invisible. J'ai peur que l'on m'oublie alors je me rends invisible. Etrange paradoxe que celui de m'oublier moi-même pour ne pas être oubliée par les autres. J'ai cru qu'en étant invisible, je me rendrais visible. J'ai cru quand étant davantage dans le monde sensible (invisible), j'allais trouver une place dans le monde de la matière (visible). J'oscille entre visible et invisble. J'ai peur que l'on m'oublie alors je me rends invisible. Autour de moi, on me répète « Sois Lumineuse ». Alors je brille, de toutes mes forces, aussi fort que je peux pour devenir visible, pour ne pas qu'on m'oublie. Et je m'épuise à essayer en vain. Cette lumière est coincée, enfermée, cachée derrière un amas de peurs et de croyances. Elle ne peut pas être visible derrière cette opacité qui embrume ma conscience. J'oscille entre visible et invisible. J'ai peur que l'on m'oublie alors je me rends invisible. Que faire pour libérer la lumière de l'opacité ? Accepter de devenir transparente pour qu'elle me traverse, pour qu'elle rayonne au-delà de moi. Mais si je deviens transparente, je vais disparaitre, on ne me verra plus, je n'existerais plus, on va m'oublier... Être transparente ne veut pas dire être invisible. Être transparente c'est continuer à exister en me laissant traverser par ce qui est au-delà de ma personne. Être transparente, c'est avoir le coeur pur sans être pure et parfaite. Être transparente ce n'est pas être lisse, c'est être remplie de facettes. Être transparente, ce n'est pas osciller, c'est trouver l'équilibre entre le monde visible et invisible, entre le monde humain et le monde divin. Être transparente, c'est accepter de disparaitre pour apparaitre. Aline Lourtie 02/01/2024

  • Le poids du vide

    L'autre jour, mon GPS m'a emmenée dans les chemins de campagne de Wasseige, Merdorp, etc. Sur ce trajet que j'ai fait tant de fois avec toi. Je te revois au volant de notre petite Polo. Je repense à la caravane à Jodoigne, à Spa, à ce nous avons vécu. Je repense aussi à ce jour, à ce fameux 19 janvier, à ce coup de téléphone où l'on m'annonce que tu n'es plus là. Je ressens un craquement. Est-ce la terre qui craque sous mes pieds ? Est-ce mon coeur qui se brise ? Est-ce mon corps qui s'effondre? Est-ce tout cela à la fois ? Je ne sais pas... Je ressens un vide là, tout au fond de moi. Je ressens son poids. C'est le poids de ton absence. Cela fait 3 ans maintenant. Et je remarque que malgré les années, ce vide est toujours là. Et il pèse toujours aussi lourd. Tu me manques. Je regrette de ne plus voir des beaux yeux bruns s'étinceller, de ne plus entendre ta voix si grave et si chaude, de ne plus entendre ton rire, de ne plus pouvoir te prendre dans mes bras. Je regrette de ne pas avoir pu te dire au revoir. C'est ça le poids du vide : être obligée d'accepter que tu es parti si soudainement. De toi, il me reste quelques lettres, des musiques et des souvenirs. Ce poids, c'est aussi tout ce que nous avons vécu. Le vide pèserait-il si lourd si le lien qui nous unissait n'était pas si fort ? Ma tristesse n'est-elle pas proportionnelle au bonheur que j'ai eu de faire un bout de chemin avec toi ? Est-ce que ton absence n'est pas le souvenir de ta présence à mes côtés ? Il pèse lourd ce vide et je n'ai pas envie de le combler. Ce vide c'est toi, c'est nous, c'est tout ce que nous avons été. Sentir ce vide, c'est savoir que tu as été là, c'est me souvenir de toi, c'est savoir que tu es toujours là. Ne pas combler ce vide, c'est te laisser de la place dans mon coeur et garder ce lien vivant. J'espère te retrouver bientôt dans cette vie ou dans une autre. Aline Lourtie 24/12/2023

  • Se réacclimater

    Cela fait maintenant un peu plus de 3 semaines que je suis revenue en Belgique. Il faut se réacclimater. Très heureuse d'être ici, de revoir la famille et les amis. Je reprends petit à petit mes repères. J'ai encore un peu de mal à revenir dans la vie active (les horaires, devoir prévoir a l'avance, la charge mentale, etc) même si je suis pleine d'énergie. Et quand je reste trop longtemps assise j'ai des courbatures. Le Chemin me semble déjà tellement loin, comme un très lointain souvenir, quelque chose qui n'a pas existé, comme un rêve. Étrange sensation. Pendant 3 semaines, je n'ai pas trop pensé au Camino. Il y avait peut-être un besoin de laisser cela de côté pour mieux me réacclimater à la Belgique. Depuis quelques jours, je me replonge dedans. J'ai notamment retrouvé la BD qui m'a donné envie de partir. J'ai lu "Plus jamais sans moi" de Maud Ankaoua et "Sur les chemins noirs" de Sylvain Tesson. Deux ouvrages qui parlent de longs périples à pied. J'ai aussi regardé le documentaire "Camino" de Martin De Vries. Il n'a pas du tout pris le même chemin que moi et pourtant je me retrouve tellement dans ce qu'il raconte, dans ses réflexions et ses prises de conscience. J'ai même versé une petite larme quand j'ai entendu la chanson du pèlerin et j'ai été excitée lors de son approche de Santiago. J'ai passé du temps à trier mes photos et je vais très bientôt commencer à retaper les notes prises tout au long du chemin. Bref, des petites choses qui me font dire que cela a bien existé et que quelque chose à changer. J'ai envie de partager, de témoigner. J'ignore comment, j'ignore sous quelle forme. Un ami m'a proposé de faire une rencontre/témoignage. Une sorte de "conférence" où je pourrais parler de mon expérience et montrer certaines photos et la possibilité de questions/réponses. Est-ce quelque chose qui vous intéresserait? Est-ce le genre de chose auquel vous aimeriez participer? Cela m'intéresserait d'avoir vos avis, remarques, suggestions. Merci à tous Aline Lourtie 20 novembre 2023

  • J57 - Retour en Belgique

    Je profite d'une vraie grasse matinée. J'ai 4 kilomètres à faire pour rejoindre Valcarce où je prends un bus qui va m'emmener jusqu'à je ne sais plus où. Puis je prendrais un autre bus jusque Bordeaux où je prendrais ensuite le train jusque Paris puis un autre trains vers Bruxelles et finalement un dernier train vers Liège où Papa et Maman viendront me chercher. De plus, je peux profiter de la chambre jusque 11h et le bus est à 14h25 donc j'ai bien le temps de me lever en douceur et de profiter encore un peu de mon lit. Surtout après la nuit que j'ai passée. Je me mets en route un peu après 11h. J'arrive sur une sorte de parking avec un petit resto-route. Je m'installe là en attendant le bus. Je suis impatiente et aussi fort stressée. Je ne vois aucun arrêt. Je ne suis pas certaine d'être au bon endroit. Je ne cesse de guetter le bus. J'ai aussi peur de me tromper de bus. Je suis soulagée de le voir arriver. J'ai hâte de me poser et de me mettre en route vers la Belgique. Sur le trajet, il y a plusieurs tronçons de route que je reconnais car je les ai fait à pied. Je traverse certains villages et certaines villes. C'est assez étrange de voir cela depuis les vitres d'un autobus. Le trajet est long. J'arrive à ma première étape. J'ai un long moment d'attente avant le prochain bus. J'ai le temps d'aller souper dans un petit restaurant bien sympa. Après le repas, je sens que j'ai un peu mal à l'estomac, je me sens ballonée et j'ai du mal à digérer. Je trouve une phramacie où j'achète des comprimés contre les maux d'estomac. Je n'ai pas envie d'être malade pendant le trajet. Le bus pour Bordeaux part dans la soirée. Nous roulons de nuit. Arrivée à Bordeaux, je vais me balader. J'ai 7 heures d'attente avant de prendre le train. J'ai tout le temps de visiter. Je vais déjeuner dans un petit café. Quand j'arrive, j'ai le réflexe de dire « buenos dias ». La serveuse me regarde bizarrement. Je prends conscience que je suis en France et que je peux parler français. Après, je vais me poser dans un parc pour lire. A la gare, j'ai trouvé la suite du bouquin que je viens de terminer. Je reste là un long moment. Il fait beau. J'en profite. Je passe du temps à observer les gens autour de moi. J'ai la sensation d'être une extraterrestre et d'êre dans un tout autre monde. Pendant des semaines, je n'ai entendu parlé que de Compostelle, de pélerins. J'ai vu de nombreuses personnes avec des sacs au dos, des bâtons de marche. Il y avait de flèches jaunes ou des coquille Saint-Jacques à chaque coin de rue. Ici, il n'y plus rien de cela. C'est comme si cela n'avait pas existé. C'est assez étrange comme sensation. Je suis heureuse de pouvoir m'installer dans le train. C'est un peu plus confortable pour se reposer. Et puis je me rapproche de plus en plus de la Belgique. L'attente à Paris est très longue. Je suis de plus en plus impatiente. Et puis, il y énormément de monde dans la gare. Je me sens perdue. Je commence aussi à être très fatiguée. Cela fait plus de 30 heures que je voyage et que je n'ai pas vraiment dormi. Arrivée à Bruxelles. Courage! Plus qu'une seule étape. J'ai vraiment hâte d'arriver à Liège. Je n'en peux. Je me réjouis de pouvoir enlever mes chaussures et de défaire mon sac et surtout de pouvoir me glisser dans mon lit. Quel bonheur quand j'arrive à Liège. Je suis tellement heureuse de retrouver Papa et Maman. Je retrouve un peu la même sensation que lorsque je suis revenue d'Equateur. C'est tellement gai d'être de retour. Cela me conforte dans l'idée que j'ai pris la bonne décision. Ce soir, je dors chez eux. Demain, je retrouverai ma maison, mon chat, mon chez-moi. Le bonheur ! Aline Lourtie 27 octobre 2023

  • J56 - Villafranca del Bierzo - Trabadelo

    Longueur de l'étape: 9,89 km Total parcouru: 1388,07 km Quand je me réveille, malgré la pensée de la veille, je décide de reprendre la route et de voir comment cela se passe. J'ai l'impression que ma cheville va mieux. Je mets de la crème anti-inflammatoire et je mets une bande. Je ne me fixe aucun objectif pour ne pas me mettre de pression. J'essaye d'y aller un pas à la fois. J'espère pouvoir faire entre 15 et 20 km car je suis un peu déprimée de devoir allonger mon séjour de 10 jours supplémentaires en marchant 10 km par jour. J'aimerais être capable d'en faire 15 km par jour. Cela me permettrait de revenir le 6 novembre comme prévu. Je me mets en route. Il pleut, je longe la route et ma cheville est douloureuse dès le départ. Je regarde sans cesse le nombre de kilomètres qui me sépare de la prochaine ville. Je pleure sur le chemin et me pose mille questions. Pourquoi je fais ça ? A quoi ça sert de continuer si c'est pour avoir mal ? Je m'interroge énormément. Il y a beaucoup d'émotionnel. Je ne prends aucun plaisir à marcher. C'est difficile. Je décide de m'arrêter au prochain village : Trabadelo. Je prends un hôtel pour être confortable. L'idée est de reposer ma cheville, de me poser, de réfléchir à ce que je veux et de prendre une décision. Je ne peux pas aller à l'hôtel avant 14h et j'arrive à Trabadelo vers 10h30. Je vais dans un café pour boire un thé. Je vais à l'hôtel vers 13h en me disant que je peux manger un morceau au restaurant de l'hôtel en attendant que la chambre soit prête. Heureusement, je peux disposer de la chambre plus tôt. Je prends une bonne douche bien chaude d'une heure. J'ai très froid à cause de la pluie. Je pleure. La décision devient de plus en plus claire et évidente. Je décide de m'arrêter. Je me dis que cela ne sert à rien. Tout ce que je fais maintenant, je le fais pour avoir la satisfaction d'arriver à Compostelle et je ne suis pas certaine que cela soit suffisant. J'ai peur de me blesser davantage. Je suis tellement impatiente de rentrer alors pourquoi rester. A quoi bon si c'est pour rester dix jours de plus à marcher sous la pluie, en ayant mal, en pleurant, en prenant des hôtels, en étant à bout et en ne prenant plus aucun plaisir sur le chemin ? Cela ne sert à rien. La plupart des gens me disent que c'est le chemin qui compte et pas la destination. Si le chemin c'est ce que je vis depuis plusieurs jours et ne plus être nourrie par ça, cela ne sert à rien. Plus je partage cette décision plus je m'apaise. Je passe l'après-midi à envoyer des nouvelles et je passe un bon bout de temps à trouver le moyen pour rentrer en Belgique, à réserver des transports en commun. Cela me prend quasi tout l'après-midi. Je continue à prendre soin de ma cheville et à me reposer en bouquinant et en regardant des films. Impossible de trouver le sommeil avant deux heures du matin. J'ai chaud, j'ai les jambes agitées, je ne sais pas comment me mettre. Je suis nerveuse. Je suis contente d'avoir pris la décision de rentrer car je me vois mal reprendre la chemin après une nuit pareil. Aline Lourtie 26 octobre 2023

  • La fin...

    Le voyage se termine... Ce matin, j'ai repris le chemin. Il me semblait que ma cheville allait un peu mieux et après un bon petit-déjeuner, je me suis dit que cela irait. Sous la pluie, le long de la route avec une cheville douloureuse. J'ai fait à peine 10 km. J'ai voulu essayer d'aller un peu plus loin, pousser jusqu'à 15 km mais j'ai senti que c'était trop. J'avais besoin de me (re)poser, de réfléchir à ce qui était le mieux pour moi. Je me suis posée beaucoup de questions durant ce trajet. Pourquoi est-ce que je fais cela? Est-ce que cela en vaut la peine? Si ce n'est pas la destination qui compte mais le chemin, pourquoi continuer à faire un chemin qui ne me nourrit plus, où je ne trouve plus de plaisir? Ma seule raison de continuer est d'imaginer l'immense satisfaction, l'immense joie ressentie en arrivant à la Cathédrale de Saint-Jacques. Mais est-ce suffisant comme raison? Cela fait plusieurs jours (voire semaines) que je dis que la Belgique me manque, alors pourquoi ne pas rentrer? Continuer n'est-ce pas de nouveau nier mes limites et me laisser guider par mon ego? Et si en voulant continuer je me blessais davantage? Il reste 180 km jusque Santiago. C'est peu au regard de ce qui a déjà été fait. Mais marcher 180 km dans ces conditions me semble très difficile vu la peine que j'ai eu à en faire 10 aujourd'hui. J'ai essayé de calmer les émotions, d'écouter ce qui était derrière, de me poser pour essayer d'y voir plus clair. La solution qui m'apparaît, qui me semble juste et m'apaise même si elle est difficile, est de m'arrêter. J'ai marché presque 1400 km en 56 jours. C'est plus que ce que j'avais prévu (au tout début, il était prévu que je fasse uniquement la voie d'Arles. L'idée d'aller jusqu'à Compostelle est arrivée après). Durant ce voyage, j'ai appris, je me suis émerveillée, j'ai fait de belles rencontres, j'ai eu des coups durs, j'ai été émue aux larmes par des paysages splendides, j'ai vécu à mon rythme et au contact de la nature. Je suis fière de moi, fière de ce chemin. J'ai envie d'emporter avec moi tous ces bons moments. Je n'ai pas envie de "gâcher" cela en voulant aller plus loin. C'est une autre leçon du Chemin: me satisfaire et être heureuse de ce que j'ai vécu et ne pas chercher à vouloir toujours plus. Tout est déjà là. J'ai vécu ce que j'avais à vivre sur ce Chemin. Il est temps pour moi de rentrer en emportant tout ce qu'il m'a appris. Aline Lourtie 26 octobre 2023

  • Douloureuse impatience

    Aujourd'hui, le Chemin m'a appris une nouvelle leçon: apprendre à maîtriser mon impatience, mon esprit de compétition et mon ego pour mieux m'écouter. Plusieurs fois j'ai exprimé ma fatigue et le fait que je sentais que j'en demandais peut-être trop à mon corps. Il y a une semaine, j'étais malade. J'ai dû me freiner. Vous avez été nombreux à me conseiller de me reposer et à me mettre en garde contre les blessures. Plusieurs fois sur le Chemin j'avais conscience que je ne buvais pas assez, que je ne faisais pas assez de pauses. Oui, j'ai senti mais j'étais tellement impatiente. Impatiente d'éprouver la joie d'arriver à Santiago. Impatiente de rentrer en Belgique Impatiente de retrouver mon chez moi, la famille, les amis. Je me suis laissée guider par mon impatience et n'ai fini par n'écouter qu'elle. Me disant que plus vite j'y serai, plus vite je pourrais me reposer en Belgique. Hier, la journée a été difficile. Le chemin était compliqué: dénivelés avec rochers et cailloux en tout genre, de la boue et de la pluie. 34 km au total. J'étais épuisée et mes chevilles ont souffert. Aujourd'hui, je me remets en route. J'ai prévu une étape de 30 km. Ma cheville gauche est toujours douloureuse. Pas grave, c'est déjà arrivé et souvent, quand je me mets en mouvement, la douleur passe. Pas cette fois-ci... Plus j'avançais, plus c'était douloureux. J'ai eu plusieurs occasions de m'arrêter mais je m'étais fixé un objectif et je n'étais pas prête à le lâcher. Résultat, j'ai dû m'arrêter à Villafranca. Cheville trop douloureuse. Je n'étais plus capable de marcher. Tout le long du chemin, j'ai retenu mes larmes. Arrivée à l'hôtel, j'ai tout lâché. Je pleurais de douleur mais surtout de déception et de colère envers moi-même. Déception de voir mes plans (je me voyais déjà à Santiago dans une semaine) tomber à l'eau. Déception de me dire qu'il va falloir que je ralentisse et que cela recule mon retour Déception de me dire que je ne vais peut-être pas pouvoir aller à Santiago Colère d'être encore tombée dans le piège de l'ego, de l'impatience et d'avoir encore une fois dépasser mes limites, de ne pas avoir voulu écouter. Aujourd'hui, je dois apprendre à ralentir, à changer mes plans, à accepter que le Chemin va prendre une autre forme que celle que j'imaginais. C'est une leçon difficile à encaisser. Et je ne suis pas encore prête à l'accepter. Ma priorité, aujourd'hui, repos et prendre soin de moi et de ma cheville. Demain est un autre jour et j'aurai certainement les idées plus claires pour décider de la nouvelle forme que mon Chemin va prendre. Merci El Camino pour tes enseignements (même s'ils sont parfois douloureux). Aline Lourtie 25 octobre 2023

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